Au Sénégal, vers un projet de loi pour lutter contre l’insalubrité



Le ministre de l’Urbanisme sénégalais va soumettre aux députés le texte d’ici le mois de décembre. D’après une première mouture du projet, l’État veut maintenant en finir avec les dépôts sauvages d’ordures ou encore les actes inciviques.

Sur ce terre-plein du quartier du Plateau de Dakar, chaque jour c’est la même chose. Un tas d’ordures se constitue. Muni d’une bâche plastique, cet éboueur les emballe pour les mettre dans son camion-benne : « Évidemment, on est obligés de faire ça. Il n’y a aucune sanction qui pourrait donner envie aux gens de jeter leurs déchets dans une poubelle. Dès qu’on a nettoyé, ils reviennent à chaque fois mettre des ordures ici. Il faut les sanctionner. »

Toucher les indélicats au portefeuille, c’est la solution du projet de loi. Une amende de 5 000 à 10 000 francs CFA (7 à 15 euros) est prévue. « Il était temps. Il est temps de faire ça, estime Khadidiatou Camara. La saleté aussi ce n’est pas bon pour la santé. Ça, c’est une bonne idée. Les gens qui passent la nuit dans les rues font leurs besoins, leur toilette, dans la rue et ce n’est pas bon pour notre santé. »

« Il n’y a pas de toilettes, il n’y a rien. »

Pour Amadou Fall, vendeur ambulant, avant de mettre des amendes : « Il faut des infrastructures. Il n’y a pas de toilettes, il n’y a rien. Il n’y a pas de poubelles pour mettre les ordures. Qu’est-ce qu’ils veulent qu’on fasse ? »

D’après Moustapha Dia, la contravention, c’est la seule solution : « Eh oui, c’est ça que je vois. On a tout fait, on a sensibilisé, Youssou N’Dour était le premier ici à chanter : “Set, Set, Set”, ça veut dire la propreté. Alors, après les gens l’ont oublié. »

Comme à chaque annonce il reste à savoir si, une fois adoptée, cette loi contraignante sera appliquée.



rfi

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