À Madagascar, on cherche à améliorer la qualité du litchi



Le second porte-conteneur chargé de litchi doit quitter le port de Tamatave pour l’Europe, ce samedi 23 novembre. Après la mauvaise qualité de la récolte de l’année dernière, la filière a suivie des règles plus strictes pour avoir de meilleurs fruits mais en moins grand nombre.

Pas assez sucré, trop petit, flétri… Le litchi de 2018 avait eu du mal à s’écouler dans les étals des primeurs en Europe. Pour éviter de perdre leur rang de premiers fournisseurs de l’Union européenne, les acteurs malgaches de la filière litchi ont décidé de s’astreindre à quelques règles plus strictes, pour « retrouver la confiance sur les marchés » concède un exportateur de Tamatave. « On a baissé les volumes pour améliorer la qualité ; on a aussi augmenté nos standards de sélection », poursuit-il. Et, effectivement, le volume a baissé, car les deux porte-conteneurs partant de Tamatave ont emporté un volume total de 15 000 tonnes contre 16 000 l’année précédente.

« Une qualité largement supérieure »

Producteurs, collecteurs et exportateurs le confirment : la qualité du litchi de cette année est nettement supérieure à celle de l’an dernier. La pluviométrie ayant aidé, les litchis qui ont été cueillis à partir du 17 novembre, date officielle de la campagne de récolte, sont « d’une qualité largement supérieure à celle de l’an dernier », confie un agronome du Centre technique horticole de Tamatave.

De son côté, le ministère de l’Agriculture, par le biais du Casef, le projet de Croissance agricole et de sécurisation foncière, a mis la main à la pâte. Soja Sesy, le coordonnateur national du projet, explique comment la filière a modifié ses pratiques.

« Pour améliorer la filière, on a appris aux producteurs, 4 à 5 mois avant la maturation des fruits, comment traiter les arbres, comment les tailler, à quel moment le faire. Comment répondre aux aléas climatiques, comme l’absence de pluie à un moment crucial du développement des fruits (avec le goutte-à-goutte par exemple). On apprend aux producteurs à adopter des techniques qui répondent aux critères de la filière. »

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Pour M. Sesy, les bonnes pratiques se sont perdues durant les dernières décennies : « Ce n’est pas qu’ils ne savent pas tailler les arbres, c’est plus qu’ils ne savent pas quelle branche couper et à quel moment. C’est tout un travail de réapprentissage des bases parce que cela fait maintenant plusieurs décennies qu’ils ont abandonné des techniques plus adaptées que ce soit au niveau de la production ou de la post-récolte. »



rfi

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