Banfora : Le ministère des Droits humains commémore les Journées internationales de la paix et de la tolérance


Le ministère des Droits humains et de la Promotion civique a commémoré conjointement, ce vendredi 22 novembre 2019 à Banfora, dans la région des Cascades, les Journées internationales de la paix et de la tolérance. Cette édition 2019 est placée sous le thème « Prévention et gestion des conflits communautaires dans un contexte de montée de la radicalisation et de l’extrémisme violent : Quelles actions des différents acteurs en faveur du vivre-ensemble et de la cohésion sociale ? ».

La paix et la tolérance sont des valeurs ancestrales de notre société qui, selon la ministre des Droits humains et de la Promotion civique, Maminata Ouattara, constituent la charpente et le ciment de notre vivre-ensemble harmonieux et de notre cohésion sociale. « Malheureusement, depuis plusieurs décennies, nous assistons à la déliquescence et à l’effritement progressif de ces valeurs dont les causes sont diverses et multiformes. Les manifestations et les affrontements entre populations et les conflits communautaires se multiplient et engendrent le plus souvent des violations massives des droits humains, notamment des pertes en vies humaines », a-t-elle déploré. Aussi, elle ne manque pas d’évoquer les défis sécuritaires auxquels le pays est confronté depuis 2016.

La ministre des Droits humains et de la promotion civique

Les conséquences de « ces actes d’intolérance et de violence » doivent interpeller l’ensemble des acteurs locaux et nationaux de notre pays sur la nécessite de renforcer les actions en faveur d’une culture de la tolérance, de la paix et de la cohésion sociale. C’est ainsi que les autorités du pays, à travers le ministère des Droits humains et de la Promotion civique, ont décidé de commémorer les Journées internationales de la paix et de la tolérance, ce vendredi 22 novembre 2019 à Banfora, dans la région des Cascades.

Les participants à la rencontre

En effet, la commémoration de ces journées intervient dans un contexte d’extrémisme violent et de conflits intercommunautaires, fragilisant en de nombreux endroits du Burkina Faso, la cohésion au sein des communautés. C’est pourquoi, ces journées sont célébrées sous le thème : « Prévention et gestion des conflits communautaires dans un contexte de montée de la radicalisation et de l’extrémisme violent : Quelles actions des différents acteurs en faveur du vivre-ensemble et de la cohésion sociale ? ».

A travers ce thème, il s’agit d’interpeller les différents acteurs à mieux s’investir dans la préservation et la gestion des conflits communautaires en vue de la préservation du vivre-ensemble et de la cohésion sociale. Selon la ministre Maminata Ouattara, la promotion de la cohésion sociale est la clé de voûte de toute stabilité et du renforcement de la démocratie. « Pour lutter efficacement contre les conflits communautaires dans ce contexte de montée de la radicalisation et de l’extrémisme violent, nous devons, d’une part, ressusciter et opérationnaliser tous les mécanismes traditionnels et modernes de prévention et de gestion des conflits communautaires, notamment l’Observatoire national de prévention et de gestion des conflits communautaires (ONAPREGECC) et, d’autre part, mutualiser nos efforts », a-t-elle suggéré.

Remise de lot à la première de la course cycliste féminine.

La célébration des Journées internationales de la paix et de la tolérance offre ainsi une occasion de réflexion, de partage et d’échanges sur les perspectives nouvelles à développer, afin de consolider les acquis économiques, sociaux, politiques et culturels du monde. Par ailleurs, elle permet d’engager tous les Burkinabè à l’édification d’une nation éprise de paix qui s’appuie sur les valeurs historiques et qui réaffirme l’attachement du peuple burkinabè aux fondements des droits humains.

Car la ministre Maminata Ouattara reste convaincue qu’un Burkina Faso de paix, de tolérance et d’hospitalité ne peut se construire et se maintenir sans l’implication et l’engagement de chaque Burkinabè dans la lutte contre les conflits communautaires et l’extrémisme violent. C’est pourquoi, elle exhorte les différents acteurs publics et privés à plus d’engagement dans la promotion de la tolérance et de la paix, « pour préserver notre cher Faso contre les menaces à la paix et à la cohésion sociale ».

Le choix porté sur la ville de Banfora pour cette commémoration n’est pas fortuit. « Cela est dû à la crise liée à l’histoire de la chefferie, que cette localité a connue. Ces conflits ont malheureusement occasionné des pertes en vies humaines. C’est pourquoi, nous avons choisi Banfora pour lancer ce message fort, que c’est ensemble nous pourrons construire notre pays. C’est ensemble que nous pourrons construire la démocratie et notre développement dans la paix », nous renseigne la ministre en charge des Droits humains.

Plusieurs activités ont été réalisées dans le cadre de cette commémoration, dont des rencontres d’échanges avec les populations des différentes localités de la région sur la préservation de la paix et de la cohésion sociale, des campagnes de sensibilisation, des jeux concours de slam et une course cycliste féminine, etc. Ainsi, cette cérémonie a été une occasion également pour récompenser les lauréats des différents jeux et concours.

La photo de famille avec les lauréats des jeux concours

Il faut rappeler que l’Organisation des nations unies a proclamé le 16 novembre de chaque année, Journée internationale de la tolérance. De même, elle a institué, à travers la résolution 55/282, la Journée internationale de la paix qui est célébrée le 21 septembre de chaque année. L’esprit de ces journées est de faire prendre conscience de la richesse de la diversité qui caractérisent l’humanité et de l’importance de la paix dans le progrès social. A l’occasion de ces journées, les Nations unies invitent tous les Etats membres à organiser des activités de sensibilisation de grande envergure à l’attention des populations. Il s’agit d’activités qui interpellent tous les acteurs sur les dangers de la violence et de l’intolérance et sur la nécessité de cultiver les valeurs de cohésion sociale.

Cette année, la communauté internationale a célébré la Journée internationale de la paix sous le thème « Action climatique, action pour la paix ». Ce thème met en lumière les conséquences dévastatrices du dérèglement climatique sur l’humanité et l’obligation pour les Etats de prendre des mesures concrètes afin de bâtir ensemble un monde dans lequel vivre en harmonie avec autrui et son environnement est une nécessité. A l’occasion, l’Organisation des nations unies invite les peuples du monde à se rappeler leur humanité commune et à œuvrer de concert pour construire une communauté de destin, à l’abri de la violence et des conflits.

Romuald Dofini

Lefaso.net





Burkina

A lire aussi

Laisser un commentaire