Autriche : les conservateurs en quête d’un accord de gouvernement avec les Verts



Deux mois après les élections législatives

, le parti conservateur autrichien dirigé par Sebastian Kurz a décidé lundi d’ouvrir les négociations avec les Verts en vue de constituer un gouvernement. Larges vainqueurs des élections du 20 septembre dernier, avec un score historique de 37,5 % des voix, les conservateurs n’étaient pas en mesure de gouverner seuls et la liste des possibles partenaires de coalition s’est réduite comme peau de chagrin. Leur allié depuis deux ans, le parti d’extrême droite FPO, était hors course après des élections ratées. Discrédité par « 
le scandale de l’Ibizagate

 » dans lequel le leader du parti et vice-chancelier, Heinz-Christian Strache s’était montré prêt à faciliter l’accès aux marchés publics autrichiens en échange d’argent et d’influence russe, le FPO a souhaité passer un temps dans l’opposition pour se refaire une santé et une moralité.

Le parti social-démocrate a fait des offres de services mais il a réalisé un résultat décevant aux législatives et Sebastian Kurz ne souhaite pas renouer avec les « grandes coalitions » qui ont jalonné la vie politique depuis l’après-guerre et dont les Autrichiens seraient lassés.

Restaient le petit parti libéral et pro-européen Neos, dont le score aux législatives ne permettrait pas aux deux alliés de constituer une majorité au Parlement autrichien. Et les Verts de Werner Kogler qui, portés par l’urgence climatique, ont réalisé une très bonne performance (13,8 % des voix) se propulsant à la quatrième place au Parlement autrichien. Ces derniers ont approuvé début novembre le principe de l’ouverture de négociations avec le parti populaire de Sebastian Kurz avec en perspective une première participation du parti au gouvernement fédéral en Autriche. Les Verts sont aux manettes en régions, à Vienne, en coalition avec les sociaux-démocrates et dans deux länders, avec les conservateurs.

Nombreuses divergences

Sebastian Kurz et Werner Kogler ont déjà mené un premier round de discussions la semaine dernière, mais peu de détails ont émergé. Le résultat est incertain car les divergences des deux mouvements sont importantes sur un certain nombre de sujets cruciaux comme l’environnement, l’immigration et l’Etat providence. 
Les Verts veulent notamment imposer une taxe carbone

et supprimer la fiscalité favorable aux énergies fossiles comme le diesel et le mazout. Précurseur sur certains aspects comme 
l’agriculture biologique qui occupe 25 % des surfaces cultivées

et les énergies renouvelables qui assurent les deux tiers de la consommation électrique, l’Autriche est en retard sur les émissions de CO2.

« Si nous parvenons à construire un accord avec les Verts, un certain effort de créativité sera nécessaire », a commenté dans une litote l’ex-Premier ministre. « Cela impliquera une nouvelle forme de gouvernement. »

En cas d’échec, Sebastian Kurz sait qu’il serait condamné à reprendre les discussions avec l’extrême droite ou avec les sociaux-démocrates s’il souhaite diriger le prochain gouvernement autrichien.



A lire aussi

Laisser un commentaire