Climat : le Parlement européen veut faire la course en tête



A l’heure où les Etats-Unis confirment leur retrait de l’Accord de Paris, l’Europe a bien l’intention de faire la course en tête en matière climatique. Alors que la prochaine Commission européenne, qui doit prendre ses fonctions la semaine prochaine, s’apprête à mettre sur la table un premier texte de cadrage sur 
son projet de « green new deal »

, le Parlement européen n’est pas en reste : lundi soir, les eurodéputés ont entamé un premier débat en vue de voter, jeudi, une résolution déclarant « l’état d’urgence climatique ».

Signal politique

Le signal est strictement politique. Le texte, qui veut engager l’Union européenne à « agir en conséquence » de cette urgence, vise à positionner le Parlement européen en pointe dans l’une des grandes batailles de la prochaine mandature, en réponse à la percée du vote écologiste constatée lors des dernières élections européennes. Porté par 
l’eurodéputé Pascal Canfin

, il reste toutefois sans conséquence concrète. 

Une autre résolution, qui sera également soumise au vote jeudi, vise à positionner le Parlement européen sur les sujets précis relatifs à la conférence de la COP25, qui doit se tenir à Madrid, du 2 au 13 décembre. Alors qu’un 
nouveau record de concentration des gaz à effets de serre

a été annoncé par l’ONU, lundi, ce deuxième texte se penche sur les émissions spécifiques à certains secteurs, notamment le transport maritime, ainsi que sur la façon dont la Banque européenne d’investissement pourrait contribuer à l’effort de lutte contre le dérèglement climatique. 

Principe de réalité

Pour ses premiers grands débats d’orientation sur la question écologique, le Parlement va probablement commencer à se heurter au principe de réalité. Alors que les Conservateurs du PPE ont récemment fait évoluer leur doctrine pour endosser le principe d’une réduction de 50 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à 1990, (contre un objectif actuel de 40 %), la prudence reste de mise, chez le premier groupe au sein du Parlement, pour ne pas tirer une balle dans le pied de l’industrie européenne.

Une source au sein du PPE fustige même la résolution sur l’urgence climatique comme « relevant d’abord de la stricte stratégie de communication politique, de la volonté de fixer l’agenda politique sans entrer dans la substance ». Le « green new deal », au-delà des grands principes vertueux, s’annonce comme une bataille politique serrée.



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