Congo-Kinshasa: Entreprises publiques – Congo Airways menacée d’être traînée en justice


Après plusieurs tentatives d’obtenir une réparation ou un arrangement à l’amiable, un passager d’un vol annulé décide de recourir aux instances judiciaires pour rentrer dans ses droits qu’il estime bafoués par la compagnie aérienne nationale.

Congo Airways est accusée de ne pas satisfaire sa clientèle, en dépit d’une campagne publicitaire abondamment menée à travers les médias audiovisuels et sur des affiches pour convaincre les plus sceptiques.

Un passager du vol 8Z 336 Mbuji-Mayi-Kinshasa, du 21 octobre dernier, continue de brandir clairement des menaces de saisir la justice pour avoir été abandonné à son triste sort, après l’annulation du vol par la compagnie.

Dans une lettre adressée au responsable de Congo Airways dont une copie est parvenue à notre rédaction, ce client en désarroi rappelle que lui-même et les autres passagers de ce vol ont été désagréablement surpris à l’heure de l’embarquement, en apprenant que l’avion qui devait les prendre avait connu une panne technique, et que le vol avait été reporté au jour suivant.

Selon lui, les passagers désireux de garder leurs bagages dans les locaux de la compagnie aérienne, à l’aéroport de Bipemba ou sur la grande artère Inga, ont été également surpris par les révélations du staff local de Congo Airways, alléguant que le bureau hébergerait plusieurs souris et cafards et qu’il n’y avait aucune garantie à leur donner sur la meilleure conservation de leurs biens.

« Plusieurs passagers déçus ont été obligés de retourner avec leurs bagages alors que les moins nantis ont beau supplier le chef d’escale de trouver une solution immédiate », a-t-il souligné.

Un passager téméraire

Si la majorité des passagers aurait exprimé sa désapprobation sur l’absence des dispositions pratiques de la compagnie pour la prise en charge temporaire des passagers après des aléas du vol, cet autre passager a, lui, tenu à protester immédiatement contre ce désagrément, conformément à la loi sur l’aviation civile dans le pays.

La motivation serait, pour lui, non seulement de rentrer dans ses droits mais aussi de faire éviter à d’autres passagers futurs de la compagnie aérienne nationale les déconvenues de ce genre.

Dans cette action, regrette le plaignant, l’administration de Congo Airways à Mbuji-Mayi aurait carrément refusé d’accuser réception de sa lettre de protestation.

« Le chef d’escale a verbalement rétorqué qu’il jouissait d’une présomption d’adresse à Mbuji-Mayi, et ne peut bénéficier de la prise en charge », a souligné ce passager non satisfait.

Il envisage d’entamer des démarches pour exiger le remboursement de près de soixante-seize dollars américains dépensés lors de son court séjour à Mbuji-Mayi auprès de la direction générale, peu après avoir voyagé tardivement le jour suivant.

Le non du dirigeant

A l’en croire, le directeur général de la compagnie, saisi pour arbitrage de ce malentendu, a donné l’impression de n’avoir pas perçu le bien-fondé de cette démarche d’un consommateur de ses services.

Sans reconnaître la faute de Congo Airways sur l’absence de la prise en charge des passagers après annulation de vol, a fait constater le plaignant, il a décliné l’offre, estimant que les passagers ne méritaient pas deux repas l’avant et l’après-midi du jour de l’annulation du vol, de même que l’hébergement dans un hôtel voisin du siège local de la compagnie.

Déterminé à défendre ses droits qu’il estime bafoués, le passager lésé se dit prêt à saisir d’autres instances pour que les frais engagés lui soient restitués, éventuellement avec des dommages et intérêts. Il voudrait également, selon ses propos, que Congo Airways améliore la qualité de ses services qui laissent encore à désirer.

Anguille sous roche

A la suite de cet incident, certaines langues arguent que la compagnie aérienne nationale prévoit, dans son budget, les frais destinés à la prise en charge des passagers lors des aléas du voyage.

Mais, selon celles-ci, ces fonds seraient devenus une source d’enrichissement illicite pour certains responsables de la compagnie, qui lors des annulations des vols domestiques, établissent des rapports bidons pour justifier des sorties des fonds imaginaires alors que plusieurs passagers ont été abandonnés à leur triste sort, discréditant davantage la compagnie.

Pour ces sources, avec cette affaire sur la table, il est urgent que le conseil d’administration de cette société et le ministre de tutelle initient des enquêtes en toute urgence pour mettre la lumière sur cette situation.

La compagnie aérienne devra également améliorer ses services au niveau des aéroports, en mettant fin au désordre observé aux comptoirs lors des checks-in, sur les heures de début de contrôle de sûreté, sur le contact préalable des passagers avant tout aléa du voyage, le respect de l’heure de vol ainsi que le contrôle de bagages sur le tarmac, etc.



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