Alstom Grande-Bretagne condamné à verser une amende de 17,5 millions d’euros pour corruption en Tunisie – JeuneAfrique.com




La filiale britannique d’Alstom devra verser une amende de 15 millions de livres (17,5 millions d’euros) pour des faits de corruption en Tunisie remontant à la dictature de Ben Ali.


La filiale britannique d’Alstom devra verser une amende de 15 millions de livres (17,5 millions d’euros) pour des faits de corruption en Tunisie remontant à la dictature de Ben Ali.

L’annonce a été faite lundi 25 novembre par le Serious Fraud Office (SFO), l’agence gouvernementale britannique chargée de la lutte contre la fraude et la corruption, qui avait prononcé la condamnation en avril 2018.

Alstom Network UK était accusé d’avoir versé 2,4 millions d’euros de pots de vin à une société écran, Construction et Gestion Nevco, entre 2003 et 2006, pour obtenir un contrat de 79,9 millions d’euros concernant la fourniture de rames de métro à la Transtu, la société des transports de Tunis.

31,5 millions d’euros d’amende en 2011 pour la filiale suisse d’Alstom

Construction et Gestion Nevco appartenait alors au beau-frère du président Ben Ali, Belhassen Trabelsi, aujourd’hui placé sous contrôle judiciaire en France et sous le coup d’une demande d’extradition de la Tunisie pour son implication dans différentes affaires de corruption.

Ce n’est pas la première fois que le géant français de la construction ferroviaire est condamné pour corruption en Tunisie. En 2011, c’est la filiale suisse d’Alstom qui avait été condamnée par la justice helvétique à verser un total de 38,9 millions de francs suisses (31,5 millions d’euros) pour des pots-de-vin versés à des agents publics en Tunisie, mais aussi en Malaisie et en Lettonie.

Trois autres accusations de corruption concernant des marchés publics de transport, en Inde, en Pologne et en Hongrie, avaient été portées par le SFO contre la filière britannique d’Alstom, mais elles se sont toutes soldées par des acquittements en 2018. Un ancien responsable d’Alstom Network UK a toutefois été condamné la même année à quatre ans et demi de prison pour corruption en vue d’obtenir les contrats d’une centrale électrique en Lituanie.

Alstom fait amende honorable

Dans un communiqué transmis à l’AFP, Alstom a dit « [prendre] acte de la condamnation » dans l’affaire des métros Tunis, et s’engager à « être une entreprise leader en matière d’éthique et de conformité, non seulement en France mais aussi à l’international ».

En Tunisie, la corruption n’a pas disparu avec la chute du président Ben Ali, mort en septembre 2019 en Arabie saoudite, où il s’était réfugié depuis 2011. Son coût « est estimé à 54 % du PIB », avait estimé Chawki Tabib, le président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc), dans un entretien accordé à Jeune Afrique, regrettant qu’ « aucun secteur [ne soit] épargné ».





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