Autonomisation de la femme : Des adolescentes à l’école de « femmes modèles »


Ce lundi 25 novembre 2019 a été célébrée la Journée mondiale de l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles. A cette occasion, le ministère en charge de la Femme, avec l’appui de ses partenaires, a organisé une rencontre d’échanges et de partage d’expériences entre les filles bénéficiaires de la formation professionnelle innovante et des femmes entrepreneures.

Faire des jeunes filles burkinabè des entrepreneures chevronnées a été au cœur de la célébration de la Journée mondiale de l’élimination des violences faites aux femmes, édition 2019. Ainsi, 120 filles bénéficiaires de la formation professionnelle innovante ont échangé à bâtons rompus avec des femmes entrepreneures « modèles ».

Au cours de cette rencontre, elles ont été outillées sur l’estime de soi, le leadership et la santé de la reproduction. « Egalement, elles pourront s’inspirer du parcours de certaines femmes entrepreneures et ‘‘modèles’’ dans les domaines jadis qualifiés masculins. Car cette rencontre entend offrir à la jeune fille burkinabè des opportunités de développement personnel et d’autonomisation », a expliqué Marie Laurence Ilboudo/ Marshall, ministre de la Femme.


D’ailleurs, elle estime que les stéréotypes et les violences basées sur le genre persistent jusqu’à ce jour. Pis, les inégalités en matière d’accès à la formation professionnelle sont une réalité. Selon les statistiques de 2018 du ministère en charge de la Jeunesse, sur 3 508 apprenants inscrits dans les centres de formation professionnelle, seules 758 sont de sexe féminin, soit un taux de 21,61%. Et de poursuivre que seize femmes sur 90 hommes sont inscrites en électricité ; sept filles sur un effectif de 184 hommes en mécanique automobile, selon les statistiques de 2014.


Et la première responsable du département en charge de la Femme d’appeler ses « sœurs » à adopter les filières de formations innovantes, là où il y a des besoins en main-d’œuvre. « Si nous continuons à nous former dans les domaines où il n’y a pas de besoin en main-d’œuvre, nous allons former des chômeurs », avise-t-elle.

Ces violences négligées…

Selon les explications de Marie Laurence Ilboudo/Marshall, il y a des violences qui restent négligées. En plus des violences physiques, l’autre moitié du ciel subit des violences morales, regrette-t-elle.

Saisissant l’occasion, Mme Ilboudo a souligné les répercussions de l’insécurité sur les femmes. Toute victime des violences armées qui tombe est avant tout un frère, un mari ou un père d’une femme. « Et si face aux menaces des groupes armés les populations quittent leurs zones d’habitation, plus de 60% de ces déplacés internes sont des femmes et des enfants. Et c’est là qu’elles vivent les violences, les viols et les exactions », fustige Marie Laurence Ilboudo/Marshall, avant de lancer un appel à l’implication de la communauté internationale pour l’éradication des tueries au Burkina Faso.


La présente édition se tient sous le thème « Oranger le monde : la génération égalité s’oppose aux violences ».

Mariam Ouédraogo

Lefaso.net





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