Colère contre la Monusco en RDC: la tension s’est déplacée à Butembo



La situation est toujours tendue dans la province du Nord-Kivu, à l’est de la RDC, où la population exprime depuis plusieurs jours sa défiance vis-à-vis de la Monusco, la mission des Nations Unies dans le pays. Ce mardi matin, la tension s’est déplacée dans la ville de Butembo, à 54 km de Beni.

Les activités sont très ralenties depuis ce mardi matin à Butembo où le groupe de pression Veranda Mutsenga a appelé à une journée ville morte pour dénoncer les tueries à répétition dans la région. Les représentants de la société civile sur place expliquent que des groupes de jeunes ont dressé des barricades dans la nuit, pour tenter d’empêcher la circulation sur les principaux axes de la ville.

La voiture d’un particulier qui n’avait pas respecté la consigne a été incendiée tôt ce matin à proximité d’un de ces barrages et un jeune manifestant blessé par balles est décédé à l’hôpital ce matin. C’est la police qui aurait tiré selon ses camarades.

À Beni, après les violences de ce lundi, un calme précaire est revenu dans la ville, où les activités sont également totalement paralysées. Un couvre-feu a été décrété hier soir par les autorités. Il n’a été que partiellement respecté.

« Il ne faut pas faire d’amalgame »

Dans un communiqué publié lundi, la Monusco a dit « comprendre la frustration et la colère » de la population tout en condamnant la violence dirigée contre ses installations, « qui ne fait qu’affaiblir la lutte contre les ADF ». Mais sur le terrain, la défiance reste très forte vis-à-vis de l’action des casques bleus, malgré la convocation en urgence d’une réunion de sécurité nationale, hier, à Kinshasa. À l’issue de laquelle, la présidence a annoncé de futures opérations conjointes entre les FARDC et la Monusco. Ainsi que l’installation d’un quartier général avancé des forces armée à Beni.

Par ailleurs, le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Gilbert Kankondé, vient d’arriver à Beni. Il a rappelé les efforts en matière de sécurité et de renforts sur place. Mais il a aussi lancé un message à la population de ne pas s’en prendre à la Mission de l’ONU en RDC (Monusco).

Ne pas faire « d’amalgame »

« La Monusco est ici, et parfois, elle intervient en termes de logistique. Mais pour le maintien de l’ordre, pour la sécurité de nos populations, c’est d’abord une tâche qui relève essentiellement des responsabilités régaliennes de l’État. La population doit comprendre que le monde est ce qu’il est aujourd’hui et les forces onusiennes sont ici chez nous depuis de longues années, et qu’elles ont dû nous apporter leur soutien au moment où nous en avions besoin. Nous demandons à la population de ne pas faire d’amalgame comme nous avons déjà eu à leur rappeler », a déclaré Gilbert Kankondé.



rfi

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