2ème forum de la société civile : la CENCO invite les organisations à exiger la tenue des élections locales


Intervenant sur la thématique perspectives de travail des organisations de la société civile à l’horizon 2030, à l’ouverture, mardi 26 novembre, du 2ème forum des organisations de la société civile, la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), à travers son représentant, le père Clément Makiobo de la commission justice et paix, a invité les organisations de la société civile à plaider pour l’organisation des élections locales en RDC.

Pour la CENCO, doter les entités territoriales décentralisées (ETD) des animateurs issus des urnes favorisera la gouvernance locale participative et évitera des crises dues à la mégestion des fonds publics et autres détournements des finances destinées au développement des communautés.

“ La RDC a choisi la décentralisation comme mode de gestion. Celle-ci offre l’avantage de rapprocher les administrateurs des administrés, d’associer les communautés de base à la gestion de la chose publique à travers les organes élus dotés des pouvoirs spécifiques propres dans diverses matières. La décentration implique une autonomie de gestion financière. Ce qui permet aux ETD d’avoir leurs budgets propres”, a t-il déclaré.

Il a insisté sur la problématique de gouvernance au niveau décentralisé.

“ À ce niveau, il se pose aujourd’hui un problème des fonds, de gestion transparente des contributions des opérateurs notamment miniers dans certaines nouvelles provinces. Le code minier demande que 15% de redevance minière soit rétrocédée aux ETD pour les projets de développement communautaires. Pour ce faire, les ETD doivent avoir des plans de développement, des budgets élaborés et votés. Mais, pour voter ces budgets,  il faut des organes délibérants issus des élections. Voilà pourquoi, par ignorance ou mauvaise foi, les responsables nommés des ETD ne savent pas quoi faire avec les fonds ainsi obtenus, qu’ils ont tendance à considérer comme une sorte des pactoles personnels. Cette situation crée des frustrations, des tensions qui souvent bloquent le fonctionnement des institutions provinciales”, a-t-il expliqué.

Il a également martelé sur le rôle des élections locales.

“ Face à cette situation qui ne favorise pas l’amélioration des citoyens à la base, la société civile ne devrait-t-elle davantage qu’exiger la tenue des élections locales, bien entendu avec quelques préalables dont la réforme de la CENI et la révision de la loi électorale ? Sans les élections locales, la gouvernance locale participative ne sera qu’un discours. Alors il faut un plaidoyer de toute la société civile pour obtenir ces élections qui ne sont pas un cadeau. Parce qu’aussi longtemps qu’on aura à la tête des personnes nommées, ils n’auront aucun compte à rendre à la population », a ajouté le père Clément Makiobo.

Dans le projet de budget 2020 en examen à la commission économie et finances de l’Assemblée nationale, une enveloppe de 220 milliards de FC a été réservée pour les élections urbaines, municipales et locales. Dans le calendrier de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), publié le 5 novembre 2017, la convocation de l’électorat était prévue pour mars 2019. Elle n’a pas eu lieu. L’élection des conseillers communaux et des secteurs/chefferie était programmée pour le 22 septembre 2019, tandis que celle combinée des conseillers urbains, des bourgmestres et des chefs des secteurs/chefferie pour le 4 décembre et l’élection des maires et maires adjoints pour le 25 janvier 2020. Une nouvelle programmation devrait être arrêtée au vu du retard pris.

L’équipe de la CENI, fin mandat depuis juin 2019, a déposé à l’Assemblée nationale son rapport général, après 4 ans à la commande. Elle s’apprête à céder sa place à une nouvelle équipe probablement avec une nouvelle configuration de la centrale électorale.

Contexte

Du 26 au 29 novembre, le cadre de concertation national de la société civile (CCNSC) qui est un regroupement des organisations de la société civile, mis en place lors du 1er forum de la société civile tenu en 2013, organise le 2ème forum sous le thème : « Repenser le rôle des organisations de la société civile » avec 240 participants, venus de toutes les provinces du pays. 

La cohésion entre les acteurs et la poursuite du dialogue avec notamment le gouvernement pour l’acquisition des documents juridiques pour le bon fonctionnement du CCNSC seront mis en exergue au cours de ces travaux.  Le renouvellement des animateurs et animatrices du CCNSC interviendra à la fin de cette rencontre.

Cette table ronde bénéficie de l’appui financier de l’Union Européenne et de Diakonia, une organisation humanitaire suédoise œuvrant pour un monde équitable et durable sans pauvreté.

Fonseca Mansianga



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