Afrique: Entrepreneuriat – Akinwumi Adesina plaide pour l’ouverture des financements aux Africaines


Le président de la Banque africaine de développement (BAD) s’exprimait, le 25 novembre, à la session inaugurale du sommet mondial sur le genre, dont la quatrième édition s’ouvre le 2 décembre à Kigali, au Rwanda.

« Lorsque les femmes empruntent, elles remboursent toujours. Et 80% d’entre elles parviennent chaque fois à régler leurs dettes, sans aucun problème. Où est le risque par conséquent ? Le problème, c’est la rigidité des banques et des préjugés. Il faut en sortir pour permettre aux femmes d’avoir accès aux financements », a exhorté Akinwumi Adesina. Le président de la BAD estime qu’il faut « laisser tomber la question des risques », suggérant: « Il faut plutôt voir comment vous les gérez et comment vous les réduisez. C’est une question de gestion des risques. Lorsque les entreprises financières prêtent de l’argent, Il faudrait qu’elles établissent des classements ».

Pour lui, le secteur financier avait une responsabilité envers les femmes africaines. « Désormais, nous allons attribuer des notes à toutes les institutions financières africaines en fonction de ce qu’elles ont fait pour les femmes. Tous les écosystèmes financiers doivent évoluer en faveur des femmes. Et nous allons mettre sous pression les banques de garantie », a-t-il annoncé.

La session intitulée « Libérer l’accès des femmes au financement en Afrique » a connu l’intervention de plusieurs personnalités de haut niveau, parmi lesquelles Salimata Diop Dieng, ministre sénégalaise de la Femme, de la famille et du Genre; Andrew Temu, président du Fonds de garantie africain; Kennedy Uzoka, président-directeur général de United Bank of Africa; Joséphine Anan-Ankomah, directrice générale du groupe Ecobank; et Christine Ngiriye, entrepreneure. «Il est important que les établissements financiers soutiennent les initiatives venant des femmes. Elles disposent de périmètres maraîchers, de produits agricoles à transformer. Elles créent des start-up dans les domaines de l’innovation. Cependant, elles manquent de ressources, de garantie et les procédures pour accéder aux prêts sont compliquées », a expliqué la ministre sénégalaise, Salimata Diop Dieng.

« Ces femmes ont besoin de financements plutôt modérés, juste assez pour créer des projets et des emplois. Elles ont besoin d’un accompagnement du secteur privé et des banques pour les aider à s’installer dans le tissu économique », a-t-elle ajouté. Pour Christine Ngiriye, peu de choses ont changé depuis près de trente ans et « le problème qui se pose, encore et toujours, est un problème de garantie ».

De son côté, Andrew Temu préconise de « discuter avec les pays pour améliorer l’environnement des affaires. Il faut surtout des lois qui rassurent les banques. Il y a plusieurs acteurs, banques, investisseurs, entrepreneurs, clients, en action sur le marché économique. Tout le monde doit se parler face aux risques ». Le sommet mondial sur le genre 2019 est co-organisé par le Rwanda et la BAD. Il vise à partager les meilleures pratiques et stimuler l’innovation afin d’accélérer les progrès en matière d’égalité des sexes.



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