Cameroun: Municipales et législatives – Le Mrc assure son déclin, le Rdpc renait par césarienne


Au moment où le parti de Paul Biya subit une cure de jouvence, celui de Maurice Kamto, voyant sa défaite venir, jette l’éponge à quelques heures de la date limite de dépôt des candidatures.

Maurice Kamto, le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc) donne une conférence de presse ce lundi 25 novembre 2019 au cours de laquelle il déclare que son parti n’ira pas aux élections municipales et législatives qui se tiendront le 9 février 2020. Les raisons avancées sont peut-être nobles, mais la démarche elle, est incohérente. Le Mrc demande la révision du code électoral et ne veut pas aller aux élections alors que les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest subissent toujours les affres des sécessionnistes. Un non-événement pour un observateur de la scène politique camerounaise : « le Mrc est allé à la présidentielle dans les mêmes conditions. Maurice Kamto a même revendiqué la victoire pendant que les sécessionnistes terrorisaient les populations du Noso. Donc cette raison ne tient pas».

Les vraies raisons de ce refus seraient donc ailleurs. Dans une note en circulation dans les réseaux sociaux, on apprend que le parti de Maurice Kamto, à quelques heures de la date limite de dépôt des candidatures, n’a « que 36 listes prêtes pour les communales et 17 seulement pour les législatives ». Il fallait donc trouver une excuse pour masquer ce manquement.

Au Rdpc, les barons ne lâchent pas prise

Le parti de Paul Biya veut faire peau neuve, mais les vieux s’accrochent au pouvoir ; malgré la circulaire du président national du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), qui encourage les barons du parti à prendre leur retraite au profit de leurs jeunes camarades. Certains barons ne lâchent pas prise. « Pour tenir compte des évolutions démographiques et sociologiques de notre pays, il est recommandé d’encourager l’émergence de nouvelles figures et de privilégier l’esprit de partage », insiste Paul Biya dans sa circulaire du 15 novembre 2019. Dans sa note y relative, le secrétaire général du Rdpc, Jean Kuete est plus explicite : « la promotion des nouvelles figures passe par l’injection du sang neuf dans la liste du parti, chaque fois qu’il est possible, notamment dans le cas mettant en concurrence des camarades bénéficiant de la retraite parlementaire ».

Sur le terrain, la réalité est tout autre. Les prescriptions de la hiérarchie tendent à être bafouées. « La vérité est que plusieurs camarades du parti estiment qu’ils sont irremplaçables et incontournables. Ils ont pris le parti en otage. Ils paient même les militants pour foudre le bordel. En plus ils ont pleins d’amis au Comité central. Il y a un toilettage à faire au Comité central pour que la sérénité revienne dans les rangs », rapporte un militant du Rdpc dans une commission de présélection des candidatures à Douala. Les prescriptions du président national du Rdpc, selon des indiscrétions, visent à rajeunir son parti pour lui permettre de renaître de ses cendres afin de redéfinir une nouvelle carte politique du pays.



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