Cameroun: Nathalie Koah – « Des conseils sur la base de mon propre vécu »


Vous venez de commettre un nouvel ouvrage intitulé « Renaître ». Qu’est ce qui se cache derrière ce titre. Je souhaite à travers le livre, ramener à moi ce public qui est resté figé dans l’ancienne actualité. « Renaître », c’est un livre qui se scinde en trois parties : se relever, renaître et s’émanciper.

Je suis dans la phase de l’émancipation parce que je suis en train de jouir de ma renaissance. Pourquoi ces trois parties ? Se relever parce que je ne peux pas parler de ma renaissance sans parler de ma chute.

C’est vrai que je ne reviens plus sur l’histoire parce que j’estime que si quelqu’un achète mon livre c’est qu’il est au fait de mon histoire. Je reprends par contre les détails que eux, ils n’avaient pas. Se relever c’est un peu le résumé de tout ce que les gens connaissent déjà. Et la renaissance c’est ma grossesse, les relations avec la famille, avec moi-même, avec autrui, le regard d’autrui sur moi et le regard que j’ai sur autrui. Il y a un chapitre sur la leçon d’une jeune fille. Je dis aux jeunes filles : voilà mon parcours. Je n’étais peut-être pas capable il y a deux ans de vous donner des conseils parce que moi-même j’étais dans le flou, je ne savais ce que je valais, ni où j’allais, mais aujourd’hui voici ce que je sais de tel ou tel sujet. C’est le récit d’une grande sœur qui donne des conseils sur la base de son propre vécu.

Vous êtes actuellement dans une série de dédicaces que vous avez appelée média tour. Quels sont les retours ?

Les résultats sont très bons. Ils sont même au-delà de ce que j’avais espéré. Je me demandais comment les médias allaient accueillir mon livre. Est ce qu’ils vont accepter cet ouvrage ou me ramener dans ce passé. Le portail des camerounais de Belgique (Camer.be) .Non pas que j’essaie de m’en échapper, mais je leur offre un ouvrage qui est situé dans le temps et je souhaiterais qu’on débatte de ce temps-là. Au final, ça s’est bien passé. C’est vrai qu’il y a eu des dérapages, mais ces dérapages m’ont aussi permis de réaliser que j’avais la maîtrise sur ce passé là.

Le choix de l’autobiographie comme genre n’est-il pas un risque ?

Non. Je réponds essentiellement à la question autour de moi.. Vous savez, je suis le pur produit au final des autres, au final. Ils ont bien voulu me transmettre la force à un moment donné où j’en avais besoin, et je pense qu’à un moment donné je leur dois non pas des explications, mais que je pense qu’ils ont des questions et ils méritent des réponses. J’ai eu des messages positifs, et aussi des messages qui m’ont inquiétée. Par exemple, Nathalie je cherche moi aussi une personne célèbre qui va me projeter sur la scène et je vais aussi devenir célèbre. Ce que je leur ai dit, c’est de ne pas me prendre en exemple pour de mauvaises raisons. Il était important pour moi de leur retracer mon parcours, comment je me suis relevée d’une situation qui se voulait dégradante, avilissante et même destructrice. J’ai pris chaque pierre qui m’a été lancée, j’ai fait un pont, et ce pont là aujourd’hui, je ne l’ai pas fabriqué pour moi seule mais pour eux aussi afin qu’ils n’empruntent pas un mauvais chemin.



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