Cameroun: Piratage des contenus audiovisuels sur Internet – Combat difficile, mais pas impossible


Un séminaire international de deux jours autour de ce phénomène, organisé par le Conseil national de la communication et ses partenaires, se déroule depuis hier à Yaoundé.La question est actuelle et le restera tant qu’il y aura Internet. Comment préserver le droit d’auteur quand, sur la Toile, il est possible de retrouver, gratuitement ou à des coûts inférieurs à ceux prévus, des productions audiovisuelles diffusées en streaming ? Ces programmes (compétitions sportives, films, séries, émissions TV, etc.) connus de manière générale comme l’apanage des médias classiques, sont devenus le couloir de millions d’utilisateurs d’Internet à travers le monde.

Les internautes y accèdent sans inquiétude, en se rendant sur des sites web pour consommer à volonté des oeuvres de l’esprit, créées parfois au bout d’énormes sacrifices. Créateurs, diffuseurs, producteurs, tous peinent à vivre des droits d’auteur et autres redevances liées à leur secteur.

Face à ce tableau noir, le Conseil national de la communication (CNC), le Réseau des instances africaines de régulation de la communication (RIARC) et l’association Convergence dont le but est de protéger et de valoriser la création audiovisuelle africaine, lancent une discussion profonde, tout en s’interrogeant sur les démarches à suivre pour proposer des solutions fortes à tous les membres de la chaîne de production. Pendant deux jours, du 25 au 26 novembre 2019, ces experts venus de divers pays d’Afrique et d’ailleurs vont se pencher sur cette problématique. C’est à la faveur d’un séminaire international ouvert hier à Yaoundé sous le thème : « La lutte contre le piratage des contenus audiovisuels via Internet. » L’ouverture des travaux au Mont Febe a permis à tous les participants d’opérer un constat : l’évolution technologique n’a pas fait que du bien aux travailleurs derrière les produits audiovisuels. Les services illicites par Internet s’affranchissant des coûts de production, des droits de diffusion ou encore du paiement du droit d’auteur, l’Etat ne bénéficie plus de taxes, les auteurs souffrent d’abus, les éditeurs ne rentrent pas dans leurs frais, entre autres conséquences.

Prenant la parole, le président du CNC et du RIARC, Peter Essoka, a reconnu que la généralisation des équipements à des prix abordables est l’une des raisons pouvant expliquer la montée en puissance du piratage. « Les contenus de radio et de télévision sont disponibles sur Internet. Leur accès est ouvert à tous, même aux non professionnels », a-t-il noté. Béatrice Damiba, présidente de l’Association Convergence, met l’accent sur la gravité du phénomène : « La piraterie affaiblit la fiscalité des Etats. Pourtant, elle reçoit un coup de pouce des TIC. » Entre exposés et débats, la rencontre internationale qui s’achève ce jour va apporter des éclairages sur les mécanismes d’éradication de la piraterie ou encore sur la nécessité de l’adaptation de la régulation aux nouveaux usages audiovisuels.



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