Berlin veut protéger ses entreprises technologiques



Il y a un an,
le ministre allemand de l’Economie avait abaissé de 25 % à 10 % le seuil

au-delà duquel l’exécutif pouvait étudier voire bloquer une prise de participation d’un investisseur étranger au capital d’entreprises sensibles pour la sécurité du pays. Peter Altmaier vient de faire un pas de plus pour protéger le « made in Germany », des appétits chinois notamment. Dans le cadre de la stratégie industrielle nationale qu’il présentera ce vendredi matin, le ministre veut ainsi étendre le contrôle des acquisitions aux « technologies sensibles ».

Le droit de regard de l’Etat sera élargi aux entreprises allemandes des secteurs de l’intelligence artificielle, de la robotique, des semi-conducteurs, des biotechnologies et des technologies quantiques. « L’Allemagne est un pays ouvert et attrayant pour les investisseurs. Mais la vigilance fait aussi partie d’une économie sociale de marché qui fonctionne », souligne le ministère de l’Economie dans son invitation à la presse. L’ordonnance sur le commerce extérieur et les paiements sera modifiée en ce sens, en vue d’une entrée en vigueur à l’automne 2020.

« Un combat injuste »

La défense, les télécommunications, le gaz, l’électricité, l’eau courante, les médias et, depuis 2017, les prestataires de services ou fabricants de logiciels utilisés dans les secteurs stratégiques, sont déjà couverts par les règles existantes. Mais depuis le rachat en 2016 de la société de robotique Kuka, basée à Augburg, par le chinois Midea, 
l’appétit croissant de Pékin pour les entreprises allemandes

pousse Berlin à la vigilance.

« Les entreprises allemandes sont de plus en plus en compétition avec des systèmes économiques reposant beaucoup sur l’intervention étatique et le protectionnisme. C’est un combat injuste que de plus en plus de nos entreprises perdent », estime Peter Altmaier dans un entretien à l’agence allemande DPA. Pour tenter de désamorcer les craintes, 
le géant chinois du ferroviaire CRRC

aurait de lui-même soumis ces dernières semaines à l’approbation du ministère de l’Economie son offre d’achat sur l’activité locomotive du groupe Vossloh déposée fin août. Le feu vert se fait toujours attendre.



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