Cameroun: « Les partis politiques doivent avoir un comportement responsable »


Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale

Monsieur le ministre, quels sont les enjeux autour de cette 2e conférence semestrielle des gouverneurs de régions ?

Cette conférence est tenue sur très hautes instructions du chef de l’Etat, qui définit son contenu. A ce titre, le président de la République a demandé aux gouverneurs de régions de mettre en place les mécanismes pour encadrer le processus électoral. Pour ce faire, il faut accompagner Elections Cameroon, organe indépendant en charge de l’organisation matérielle du vote. Il faut donc lui apporter l’encadrement sécuritaire pour son déploiement harmonieux, notamment dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord. Dans ce cadre des consultations électorales, nous avons également attiré des hommes politiques sur le respect des lois de la République, durant cette période. Vous savez que pendant la campagne électorale, les partis politiques doivent tenir des meetings, ou des manifestations publiques.

Mais nous leur disons que toutes ces activités sont encadrées par des lois qui doivent être respectées par tous. Si par exemple, un parti politique veut aller tenir un meeting à la gare routière ou dans un marché, l’autorité administrative peut à juste titre s’interroger sur les possibles débordements dans ces lieux publics. Si le parti politique ne peut pas présenter des garanties dans ce sens, l’autorité administrative est en droit de vous demander de délocaliser votre manifestation, pour un endroit plus sécurisé. C’est ça le sens de la responsabilité.

Justement, quelles sont les prescriptions que vous avez faites aux gouverneurs de régions et les partis politiques dans ce sens ? Les autorités administratives ne sont pas là pour empêcher les manifestations. Mais elles ont l’obligation d’encadrer ces meetings politiques, pour éviter tout débordement. Nous avons également attiré l’attention des partis politiques, surtout au regard de ce qui s’est passé au lendemain du scrutin présidentiel d’octobre 2018. Nous rappelons d’Elecam est chargée de l’organisation matérielle, c’est un organe indépendant et nous assurons l’encadrement. Il n’y a donc pas de questions à se poser sur la crédibilité du système électoral au Cameroun. C’est un processus crédible, au regard de tout ce qui s’est passé. Nous devons faire confiance à Elecam.

Aux politiciens véreux, qui en pareille circonstance brillent dans la provocation, la surenchère, qui veulent défier l’autorité de l’Etat, qu’ils sachent qu’ils vont croise le fer en face. Il faut que ce soit clair. Nous sommes là pour protéger les personnes et leurs biens. Nous devons veiller à la préservation des acquis de paix, de stabilité, d’unité nationale et de vivre ensemble. Si les partis politiques mènent leurs activités avec responsabilité, il n’y aura pas de problème avec les autorités administratives. Ils doivent avoir un comportement responsable. Les leaders doivent encadrer leurs militants, afin que nous ayons des élections harmonieuses. Car, en cas de dérapages, les autorités administratives prendront des mesures draconiennes pour neutraliser les fauteurs de troubles.



allafrica

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