Congo-Brazzaville: Voir ou revoir – « Supa Modo »


Réalisé par Likarion Wainaina, le film germano-kényan est sorti en 2018. Mêlant l’action au drame, il est une véritable leçon d’amour et d’espoir enrichie par les rêves de jeunesse.

La famille, l’héroïsme, l’humilité, la victoire, le pouvoir, l’espoir et l’amour symbolisent, entre autres, les thématiques phares de la fiction. Très hilarant et touchant, le scénario tourne essentiellement autour de l’univers de Joanna (Stycie Waweru), alias Jo. Petite fille de 9 ans, elle rêve d’être, un jour, super-héroïne en incarnant l’actrice principale d’un film d’action. Avec ses amis, Jo fait preuve d’une extravagante imagination et toute souriante, elle les embarque toujours dans son monde fantastique. Même dans ses rêveries, elle ne se voit qu’en super fillette. Avec son masque et sa cape, elle jette des super pouvoirs aux méchants de son village pour délivrer des innocents victimes de leurs ruses.

Elle pourrait avoir d’autres préoccupations, telles que son instruction, sa propre maladie incurable ou le bien-être de sa famille… Pourtant, Jo ne rêve que de pouvoir s’envoler et vivre son rêve d’héroïne. C’est, d’ailleurs, ce qui touche à l’écran, car elle y croit vraiment. Fascinée par sa ténacité, la grande sœur de Jo convaincra tout le village de réaliser le désir de la fillette à travers une production cinématographique.

Le premier long métrage du réalisateur kényan, Likarion Wainaina, porte essentiellement sur l’enchantement indescriptible du monde pour un enfant qui ne connaîtra certainement pas l’âge adulte. Supa modo est plein d’optimisme, sans jamais perdre ses fantaisies ni son africanité. Et lorsque dans « Supa Modo » il s’agit de fabriquer un film de super-héros avec les moyens du bord, on réalise combien l’ingéniosité des trucages peut faire du rêve une réalité.

Réalisé en swahili et sous-titré en anglais, « Supa Modo » a été produit dans le cadre de l’atelier-projet « One fine day films », fondé par Tom Tykwer et Marie Steinmann. Cet atelier offre aux cinéastes africains l’occasion d’apprendre de leurs mentors et de créer leurs histoires pour un public international. Le film avait été présenté, en première mondiale, à la soixante-huitième édition du Festival international du film de Berlin dans la catégorie « Générations ». Parmi les autres films issus de ces ateliers figurent « Kati Kati », « Nairobi half life », « Something necessary » et « Soul boy ».

D’une durée d’environ 1h 15 mn, « Supa Modo » a été sélectionné comme entrée kényane pour le meilleur film en langue étrangère à la quatre-vingt-onzième cérémonie des Oscars, mais il n’a pas été nominé.



allafrica

A lire aussi

Laisser un commentaire