Afrique: Les relations UE-Afrique appelées à se transformer en un partenariat win-win (EU-Africa Business Summit)


Marrakech — Les relations Union européenne-Afrique sont appelées aujourd’hui plus que jamais à sortir du paradigme de l’aide au développement et entrer dans l’ère de la relation win-win, ont souligné jeudi, à Marrakech, les participants à la 2ème édition de l’EU-Africa Business Summit.

L’UE et l’Afrique ont tout intérêt à redéfinir leur partenariat autant au niveau institutionnel qu’en termes de relations économiques pour évoluer vers une relation plus équilibrée, ont-ils convenu d’ajouter lors de cette rencontre organisée durant deux jours avec la participation d’influents décideurs politiques et dirigeants d’entreprises africains et européens ainsi que des experts de renommée indique MAP.

« Les deux partenaires historiques (l’UE et l’Afrique) s’accordent désormais sur les limites de l’aide au développement », a estimé l’ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Maroc, M. Idrissa Traoré, relevant que l’UE et l’Afrique « sont dans un tournant de leurs relations avec l’émergence de défis nouveaux ».

M. Traoré a souligné que l’Afrique est appelée à améliorer le climat des affaires pour être en mesure de drainer davantage d’investissements étrangers, qui demeurent l’unique voie pour la réduction des taux de chômage élevés, appelant les investisseurs européens à « faire confiance en l’Afrique et ses énormes potentialités ».

En matière de lutte contre les changements climatiques, le diplomate ivoirien a souligné que l’Afrique « donne l’exemple même si elle n’est pas responsable de ce phénomène mais en est plutôt une victime ».

Le Ministre-Conseiller spécial du président de la République du Niger, M. Ibrahima Guimba-Saidou, s’est pour sa part, montré confiant en les potentialités du continent, appelant à encourager la mobilité des personnes et les échanges intra-africains des produits, des services et des biens.

M. Guimba-Saidou a en outre, souligné que le développement de l’Afrique passera par la création de pôles compétitifs pour tirer profit des potentialités de l’Afrique, dont les énergies renouvelables dans lequel le Maroc est toujours cité en modèle pour les pays africains.

La PDG du cabinet Valyans Consulting, Mme Saadia Slaoui Bennani, a souligné pour sa part, que « la nouvelle alliance Afrique-Europe » est appelée à articuler les investissements autour de quatre axes : création d’emplois, éducation, environnement des entreprises, intégration économique et échanges commerciaux, estimant que « le modèle qui lie les deux blocs est à bout de souffle et il ne permettra pas de faire face aux défis de demain ».

« La conjoncture actuelle est particulièrement propice pour redéfinir des relations entre les deux continents », a-t-elle fait remarquer, indiquant que la nouvelle alliance sera portée par le secteur privé car le besoin de financement de ces chantiers doit être assuré par les marchés de capitaux et des investissements privés et non-plus reposer uniquement sur de la dette.

« L’enjeu principal du continent africain réside dans l’opportunité de mieux s’arrimer à la mondialisation et en tirer le meilleur parti pour sa population », a-t-elle insisté.

L’Afrique doit intégrer les chaines de valeur mondiales, en relocalisant au maximum la transformation des richesses naturelles dont elle regorge pour être en mesure de capter la part de valeur ajoutée qui correspond à sa réelle contribution, a-t-elle ajouté.

La Présidente de « Ouganda Agribusiness Alliance », Mme Victoria Sekitoleko, a abordé dans son intervention les solutions à même de « retenir les jeunes du continent en Afrique ».

Cette ancienne ministre de l’Agriculture (République d’Ouganda) a proposé certaines pistes sur lesquelles l’Afrique doit travailler pour réaliser son essor économique et créer de l’emploi pour ces jeunes africains.

Il s’agit, selon elle, de commencer par la formation de cette jeunesse et d’encourager davantage la production et l’exportation vers l’Europe.

La directrice générale adjointe pour la mobilité et l’environnement, Mme Joanna Drake, a estimé de son côté, que l’Afrique a été et demeure une priorité pour l’UE, relevant que les deux parties doivent mouvoir vers un partenariat beaucoup plus équilibré.

Après avoir souligné que l’Afrique est un continent jeune, doté d’un immense potentiel, mais souffre d’un taux élevé du chômage des jeunes, elle a souligné que l’UE doit se tourner vers « un investissement intelligent » et améliorer son assistance technique pour le continent.

La représentante Résidente au Maroc de la Banque africaine de développement (BAD), Mme Leila Farah Mokaddem, a souligné pour sa part, que l’UE et l’Afrique sont appelées à repenser le mode de financement du développement car, selon elle, le continent africain n’a pas besoin d’aide mais d’investissement.

Et de noter que l’Afrique a beaucoup évolué en termes d’infrastructures, de gouvernance et de climat des affaires, mettant l’accent sur la nécessité d’impliquer le secteur privé dans le financement des infrastructures pour alléger la pression sur le budget des Etats africains.

Le PDG de Casablanca Finance City (CFC), Said Ibrahimi, a quant à lui, noté que l’économie africaine est actuellement une économie de distribution et de consommation, appelant à encourager l’industrialisation et la production au continent et à réduire les coûts logistiques pour réaliser l’essor économique.

M. Said Ibrahimi a indiqué que la formation professionnelle demeure « le maillon faible de l’Afrique », appelant à travailler davantage sur l’amélioration du climat des affaires en Afrique pour être en mesure de drainer davantage des investissements directs étrangers (IDE).

Et de recommander d’accorder davantage d’attention à l’agriculture, qui pourvoient 30 % d’emplois et assurent 60 % de revenus des agriculteurs en Afrique, estimant que ce continent a encore besoin d’aide au développement.

L’Europe est le premier partenaire commercial de l’Afrique avec 36 % des échanges, soit 243,5 milliards d’euros en 2017, loin devant la Chine (16 %) et les États-Unis (6 %).

Sur la même année, le secteur privé européen représente plus de 40 % des IDE en Afrique, soit 291 milliards d’euros, contre 7% pour les États-Unis et 5% pour la Chine.

L’EU-Africa Business Summit vise à promouvoir les relations économiques et commerciales entre les deux continents.

Pendant deux jours, la 2ème édition du Sommet accueillera d’influents décideurs politiques et dirigeants d’entreprises africains et européens ainsi que des experts de renommée.

Tout au long du Sommet, plus de 300 participants se réunissent pour discuter et débattre des opportunités d’investissements et de la mise en place de partenariats durables entre l’Afrique et l’Europe.

Dans cette optique, cette seconde édition sera principalement consacrée à l’industrialisation et au développement des chaines de valeurs, au développement rural et à l’agriculture, aux challenges de la digitalisation ainsi qu’aux opportunités d’investissement dans les énergies renouvelables.

L’European Business Summit (EBS) est une organisation de renommée basée à Bruxelles depuis 20 ans. Ses événements rassemblent des dirigeants d’entreprises et des décideurs politiques influents ainsi que des membres de la société civile afin de souligner le rôle du secteur privé en Europe et dans le monde.



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