briser le tabou de la vasectomie



Ils ont moins de 40 ans, des enfants, et veulent prendre leurs responsabilités en matière de contraception. En optant pour la vasectomie, ces hommes suisses se heurtent à une montagne de tabous. Le quotidien lausannois Le Temps a récolté leurs témoignages, sans filtre.

Les langues se sont déliées au fil des trajets matinaux sur le chemin de l’école. Le dernier-né de mon voisin, Jonathan Germond, roupille dans le porte-bébé tandis que l’aînée marche 20 mètres devant nous, comme pour marquer son autonomie. Les 200 mètres quotidiens qui nous séparent de l’école sont l’occasion de causer des nuits difficiles, du passage de un à deux enfants, du couple et de la paternité. Et puis un matin, nous avons évoqué la vasectomie.

Un troisième enfant, aucun de nous n’en veut. Alors que faire ? Après deux accouchements, nos compagnes devraient se faire poser un stérilet (bâtonnet en plastique enveloppé de cuivre ou contenant une hormone, introduit dans l’utérus par le vagin et placé dans la cavité utérine) ? Signer ad vitam aeternam avec le bon vieux préservatif ? À 37 ans, Jonathan veut prendre ses responsabilités.

Idées reçues et tabou

Messieurs, faites le test. La simple évocation dans votre cercle d’amis et votre famille de la vasectomie, qui vise à vous rendre stériles, va générer un débat monstrueux. “Tu es trop jeune.” “Le désir d’enfants fluctue.” “Et si tu refais ta vie, on ne sait jamais.” “Bravo ! À vous les hommes de faire un effort.” “Pourquoi tu veux te faire castrer ?” Un clivage qui illustre le tabou et les idées reçues sur le sujet.

S’il n’existe pas de statistiques officielles sur le nombre de ces opérations, les quatre urologues du Centre lémanique d’urologie ont effectué 120 vasectomies en 2019. C’est 20 % de plus qu’en 2018. Le docteur Cédric Treuthardt enregistre notamment depuis quatre ans une augmentation des demandes de trentenaires revendiquant leur rôle dans la contraception : “Dans leurs arguments, il y a la prise de conscience que leurs femmes ont supporté la contraception pendant des années. Maintenant, c’est à leur tour”, explique le chirurgien-urologue de la Clinique Cecil à Lausanne.

Ce changement net est aussi le résultat d’une médiatisation des risques engendrés par la prise d’hormones. Les femmes revendiquent d’autres formes de contraception qui pourraient

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Mehdi Atmani

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Né en mars 1998 de la fusion du Nouveau Quotidien, du Journal de Genève et de la Gazette de Lausanne, ce titre de centre droit, prisé des cadres, se présente comme le quotidien de référence de la Suisse romande et 

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