Congo-Brazzaville: Lire ou relire – « Briseurs de rêves » suivi de « Rêves de Brazzaville » d’Aimé Eyengué


En publiant son recueil de poésie, le poète fait d’une pierre deux coups. Si dans le premier titre il fustige certains maux de l’humanité, dans le second, il fait les éloges de sa patrie pour ses valeurs et sa richesse naturelle, notamment le fleuve Congo et le Bassin du Congo.

Par des poèmes au style très accrochant, Aimé Eyengué désigne une ribambelle de réalités factuelles, causes des déboires et du désespoir du genre humain. Un vocabulaire propre au champ lexical de malheur, de souffrance et de la mort, perdure dans divers poèmes, comme des catadioptres et permet de rendre compte de cette « impasse » voulue par certains esprits immondes. Les poèmes des deux premiers chapitres « De profundis » et « Dies irae » en sont, à juste titre, très révélateurs.

C’est pourquoi, face à ce supplice, l’humanité crie « Kyrie eleison » (p.53) et se tourne vers la nature qui devient son unique et fiable protagoniste : « Hang-Ilang ! Secours-nous des hiboux démagogues qui sous les mandragores hululent » ( p. 59) ; « fini la grâce matinée » (p. 21).

L’idée de la cruauté est aussi renforcée par l’usage de l’oxymore, toutefois, avec une prédominance du mot porteur du sens contraire qui donne à l’œuvre dans son ensemble l’idée d’une permanente injustice accrue, qui est la cause directe de cette misère humaine. Et tenter de s’ériger en un dissident pour pouvoir dissiper le frimas des détracteurs disséminés à travers le monde n’est pas une entreprise sans péril (p. 58). Des thèmes connexes abondent dans les deux parties du recueil.

Cependant la seconde, plus élégiaque, fait plus écho de l’esthétisme écologique de Brazzaville au rythme enchanteur du « likembé » ou de la « Sanza », expression d’une plume nostalgique qui invite à un retour aux sources. Originaire du Congo-Brazzaville, Aimé Eyengué est diplômé en Sciences Pô et auteur de plusieurs livres à effet de fiction.



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