Cameroun: Marchés de Yaoundé – Le défi de la propreté


En 2009, la Communauté urbaine de Yaoundé lançait la fermeture hebdomadaire du marché Mokolo pour nettoyage. 10 ans après, plusieurs marchés ont suivi.

Le mercredi, c’est nettoyage à Mokolo. Les embouteillages sur la route principale, devant les comptoirs et dans les artères de ce grand marché de Yaoundé n’existent pas en ce jour de milieu de semaine.

Vendeurs,clients et autres badauds sont remplacés par les travailleurs de la société Hygiène et salubrité du Cameroun (Hysacam), ainsi que par les bénévoles des comités d’animation et de développement(CAD) créés par la commune de Yaoundé II.

Ces derniers se déploient dans le marché, balayant, collectant les ordures et curant les caniveaux. Des tâches difficiles, tant la quantité de déchets produits au quotidien à Mokolo est énorme. Cette journée libre est donc une aubaine pour ces volontaires.

En 2009, Gilbert Tsimi Evouna, délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé décide de fermer le marché Mokolo pour assainissement tous les mercredis.

Cette décision venait ainsi renforceret accompagner les efforts effectués depuis plusieurs mois déjà par Luc Assamba, regretté maire de la commune d’arrondissementd e Yaoundé II.

« Parmi les 29 comités créés par le maire, il y en a un qui soit spécifique au marché Mokolo. Le maire s’impliquait personnellement en leur fournissant du matériel et souvent de l’argent pour motiver les bénévoles », confie une source à Yaoundé II.

Fermer sa boutique ou retirer ses étals une journée entière ? Au départ, la pilule a eu du mal à passer pour la majorité des commerçants. 10 années plus tard, malgré la colère et le fait qu’une certaine animosité persiste, la campagne hebdomadaire de salubrité survit à Mokolo.

Pendant cette décennie, la plupart des communes ont emboîté le pas. Le marché Central, sous l’autorité de la mairie de Yaoundé Ier par exemple, se consacre au nettoyage en semaine chaque mardi.

A Yaoundé IV, Sébastien Mbarga, chef service d’hygiène, salubrité et environnement, dresse le tableau des projets initiés dans les marchés. A Mvog-Mbi, où selon lui le combat contre l’insalubrité est le plus rude, il note la création d’une association regroupant les commerçants et les riverains.

Tous les mardis, entre 7h30 et 9h30, elle s’occupe de nettoyer l’intérieur du marché. « Dans le cadre de l’opération ville propre de Yaoundé, instituée en septembre 2018 par le chef de l’Etat, nous avons voulu viabiliser le marché Mvog-Mbi. Au bout d’une semaine, c’était comme si on n’avait rien fait », regrette Sébastien Mbarga.

Le travail se poursuit tout de même. Mais avec l’appui de la Communauté urbaine et d’autres partenaires comme le Feicom auxquels Régine Amougou Noma, maire de Yaoundé IV a fait appel, l’espoir est à envisager. Autre bataille pour cette commune, le marché d’Ekounou.

Tous les jeudis, également entre 7h30 et 9h30, c’est le grand ménage. Avec beaucoup plus de succès selon le chef du service d’hygiène.

D’ici 2020 à 2021, la mairie de Yaoundé IV souhaite impliquer tous les marchés de son territoire de compétence dans l’assainissement hebdomadaire. Un objectif appliqué de différentes manières par toutes les mairies.



allafrica

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