Congo-Brazzaville: Union des musiciens congolais – Pape God réélu président


De son vrai nom Magloire Godefroy Bonguili, le président sortant a bénéficié une fois de plus de la confiance de ses collègues, à l’issue des travaux de l’assemblée générale ordinaire qui se sont déroulés le 29 novembre, à l’hôtel de la préfecture de Brazzaville.

Dans son rapport moral, Pape God a décliné les vrais problèmes des artistes musiciens congolais. Le premier chantier de son mandat, a-t-il dit, a été celui de la diplomatie qui a permis de faire connaître l’Union des musiciens congolais (UMC) auprès des institutions accréditées au Congo, notamment l’Unesco et l’ambassade du Venezuela avec laquelle un partenariat sur la formation des musiciens a été initié. La première vague pourra se rendre à Caracas très prochainement.

Le deuxième chantier a porté sur le statut de l’artiste congolais. Le Congo, a-t-il laissé entendre, est le berceau de la musique africaine et foyer de la rumba, mais seulement, depuis soixante ans, les artistes n’ont pas de statut. Cela veut dire que l’État congolais ne reconnaît pas la musique comme étant une activité professionnelle. En d’autres termes, la musique est une activité informelle ou mieux, illégale. En clair, selon lui, il n’existe aucun texte organique ou fondamental qui dicte explicitement les droits des artistes musiciens, moins encore leurs devoirs vis-à-vis de la société. Sur ce problème combien préoccupant, lui et son bureau ont travaillé avec le cabinet du ministre de la Culture et des arts ainsi qu’avec un cabinet conseil. Grâce à leur lobbying, a-t-il assuré, tout est presque fait pour que les créateurs des œuvres de l’esprit aient enfin un statut de l’artiste.

Son troisième chantier, a-t-il indiqué, a été celui concernant le Bureau congolais du droit d’auteur (BCDA). A ce niveau, il y a deux volets : le premier concerne la gouvernance au sein du bureau et le second les droits d’auteur et droits voisins. « Nous avons travaillé de concert avec toutes les institutions de la République : la Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude; la direction de la sécurité du territoire; le Sénat, l’Assemblée nationale, le cabinet du ministre de la Culture et des arts, la Confédération internationale des sociétés des auteurs et compositeurs(Cisac) et, là aussi, des avancées significatives ont été réalisées et qui se sont vu matérialiser par la nomination par le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, en Conseil des ministres du 17 avril dernier, d’un président du conseil d’administration du BCDA. Que le chef de l’Etat, Grand maître des arts et des lettres, trouve ici l’expression de notre déférente considération », a-t-il souligné.

Sur la situation des droits d’auteur et droits voisins, Pape God n’a pas eu la langue de bois, affirmant qu’elle est catastrophique et misérable, pendant que sous d’autres cieux, les artistes touchent ces droits en termes de millions. Au Congo, a-t-il déploré, c’est 25 000, 15 000 voire 1 000 FCFA pour une répartition de quatre millions francs CFA en moyenne par trimestre, soit douze millions toute l’année pour tous les artistes du pays. Pourtant, des recettes sûres venant de l’opération « Taxi-bus » ; des compagnies de téléphonie mobile ; de la copie privée ; des hôtels ; des salons de coiffure, etc., démontrent clairement que le BCDA fait des recettes allant au-delà de cinq cents millions francs CFA sans compter les subventions octroyées par l’État congolais, a-t-il soutenu. « Au moment où je m’adresse à vous, les choses ont beaucoup changé. Depuis cette année, les droits payés aux artistes musiciens connaissent une légère hausse. Ça doit s’améliorer jusqu’à ce que la clé de répartition soit réellement appliquée », a promis Pape God.

Le patriarche Edo Ganga fait président d’honneur de l’UMC

Le président de l’UMC a également rendu hommage à tous les artistes décédés cette année et une minute de silence a été observée en leur mémoire. Il s’agit de Master Mwana Congo, Fernand Mabala, David Mangungu Clay, Koko Major, Emma Roll et bien d’autres. Enfin, au patriarche de la musique congolaise, Edo Ganga, en cette année du jubilé couplée avec ses 86 ans d’âge, le président de l’UMC a fait de lui président d’honneur de cette organisation.

Rendant compte du rapport moral du commissariat aux comptes, Romain Gardon Nimi a fait savoir qu’au moment où le bureau sortant entre en fonction à l’issue de l’assemblée générale extraordinaire du 8 août 2019, il n’avait rien trouvé comme argent dans les caisses de l’union; l’UMC ayant été gérée, avant le mandat du président Pape God, sans un compte bancaire. Aujourd’hui, heureusement, c’est une question déjà réglée, à l’en croire.

Dans son mot d’ouverture au nom du ministère de la Culture et des arts, Marcel Mvembe a rappelé la place qu’occupe la musique dans le système culturel congolais. « Le département ministériel a la lourde charge de soutenir les artistes, en général, et les musiciens, en particulier, compte tenu de l’impact de la musique dans le rayonnement de la culture congolaise. Je veux donc que vous sachiez, au nom du ministre de la Culture et des arts, empêché, que la volonté de vous soutenir nous a toujours habités, même si les moyens financiers n’ont pas toujours été au rendez-vous en temps réel. J’exhorte tous les participants à s’impliquer activement aux activités de ce jour », a-t-il déclaré.

Le présidium des travaux, placé sous la direction du doyen d’âge, Francis Boniface Bitsoumanou allias Celli Bitsou, a organisé le scrutin à bulletin secret, renouvelant les présidences du bureau exécutif national (BEN) et du commissariat aux comptes (CC). Ont été élus, Pape God pour le BEN et Ley de Mamadu (un Congolais qui a évolué en Europe et en Afrique de l’ouest) au CC.

L’assemblée générale a pris fin par la lecture du communiqué final lu par l’artiste musicien Cégra Karl.

A l’issue de sa réélection, Pape God, a exprimé sa joie, tout en indiquant le travail qui l’attend. « Notre grand combat, c’est le problème des droits d’auteur et celui du statut de l’artiste. Je pense que cette fois-ci, les choses iront plus vite, car les décideurs ont compris. Nous avons su poser les problèmes. Je demande également l’unité de tous des artistes musiciens congolais. Cet appel a été lancé également dans la salle par l’ancien ministre de la Culture et des arts, Léonidas Carel Mottom Mamoni, actuellement deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, que nous remercions pour sa présence à notre assemblée générale ordinaire », a souligné le président reconduit de l’UMC.



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