A Bruxelles, l’émergence d’un consensus vert



A Bruxelles, une course de vitesse a débuté. Elle oppose les trois grandes institutions, toutes désireuses de se positionner au plus vite sur le « green deal » européen qui doit façonner l’Union européenne dans les prochaines années. Le Parlement européen ? Il a voté, la semaine dernière, une déclaration dans laquelle il dénonce . Un texte sans conséquence concrète mais qui permet à l’institution issue des urnes d’envoyer un message politique puissant : elle se fera l’avocate des citoyens européens qui ont été nombreux à soutenir les partis écologistes de leurs pays, surtout à l’ouest de l’Union européenne.

Du côté du Conseil, qui réunit les Etats-membres, il s’agit de prendre position sur les grands dossiers stratégiques de ce « Green Deal ». En témoigne le débat qui doit avoir lieu, en fin de semaine, entre les ministres des Finances, autour de la fiscalité de l’énergie.

Neutralité carbone

Mais dans la grande machine européenne, c’est à la Commission européenne qu’il revient de mettre sur la table des propositions concrètes. C’est pour cette raison qu’
Ursula von der Leyen, la nouvelle présidente de l’institution

, a choisi la date du 11 décembre pour présenter les grandes lignes de son programme écologique. Ce faisant, elle se positionnera juste avant les dirigeants européens, réunis en sommet au cours des deux journées suivantes.

Au coeur du projet de la Commission devrait figurer l’ambition d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. C’est aussi à cet objectif que travaillent les chefs d’Etat et de gouvernement. Lors du sommet européen de juin, seuls quatre pays s’y étaient opposés. L’idée serait de parvenir, cette fois, à un consensus – il faudra notamment convaincre la Pologne, qui redoute de faire les frais d’une telle ambition, surtout au moment où elle appréhende déjà la négociation du budget européen pluriannuel.

La barrière de 2030

Une fois posé ce cadre conceptuel, l’UE devra en déduire de nouvelles ambitions pour 2030. Alors que les Européens se sont déjà engagés à réduire leurs émissions de 40 % par rapport à 1990 à cet horizon, il faudrait
pousser ce chiffre à 50 %, voire 55 %

. C’est au mois de février ou mars que Bruxelles devrait proposer, formellement, la grande loi climat qui fixera le cap des années à venir.

Les chantiers à ouvrir seront ensuite nombreux. Comment avoir un secteur du transport plus propre ? Cela s’appliquerait notamment à l’aviation. Quelle fiscalité mettre en place pour inciter aux bonnes pratiques ? Comment décliner cette ambition au plan commercial, notamment dans les échanges avec les pays faisant fi des exigences climatiques ?
La question d’une « taxe carbone »

pourrait se poser. A la Commission, les réflexions des fonctionnaires européens vont bien au-delà de ces questions climatiques pour inclure aussi des enjeux de biodiversité et de lutte contre la pollution.

Fonds de transition

Une seule certitude : la transition à laquelle les responsables européens semblent résolus nécessitera des financements massifs. La somme de 1.000 milliards d’euros est évoquée. Il faudra, notamment, qu’un fonds de transition soit créé pour aider les régions sinistrées. C’est autour du mois de juin que Bruxelles pourrait dévoiler ses propositions sur l’enjeu financier de la mue européenne qui se dessine.



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