comment la Chine impose sa loi



Les basketteurs américains ont découvert ce que l’industrie d’Hollywood sait depuis vingt ans : qui veut exister sur le marché chinois ne doit pas mécontenter Pékin. Les étoiles de la NBA apprennent donc à formater leurs interventions publiques et à mettre en sourdine leurs convictions politiques.

La première fois que le basketteur James Harden a dû présenter des excuses à la Chine, il n’était question ni des manifestations à Hong Kong, ni des pressions de Pékin sur la NBA, ni de la défense des piliers de la démocratie. C’était à cause d’un malheureux incident avec un scooter.

Cet été, la star des Rockets de Houston était en effet en visite en Chine, et la deuxième puissance économique mondiale avait déroulé le tapis rouge pour accueillir celui qui compte parmi les meilleurs joueurs de la NBA. Pour faire honneur à la culture locale, Harden avait fait une apparition vêtu d’un splendide costume de l’opéra de Pékin, et de jeunes Chinois s’étaient affublés d’une barbe postiche pour faire honneur à celle de leur idole. Cette tournée promotionnelle pour Adidas se déroulait à merveille.

Jusqu’à ce que la star se fasse arrêter dans la rue par la police de Shanghai. James Harden avait remonté un sens interdit avec son scooter électrique – une erreur fréquemment commise par les étrangers peu familiers des règles de circulation locales. Il savait ce qu’il lui restait à faire. “Je voudrais m’excuser d’avoir enfreint les règles de la circulation lors de ma promenade en scooter aujourd’hui”, a-t-il écrit dans un message posté sur Weibo, le Twitter chinois.

Très lucrative image de marque

Mais la polémique actuelle autour de la NBA et de ses relations avec la Chine ne se résume toutefois pas à une différence d’us et coutumes sur le territoire de la plus grande autocratie du monde. Il s’agit pour des stars internationales, au premier rang desquelles figurent de nombreux joueurs de la NBA, d’apprendre à gérer leur – très – lucrative image de marque. Ces joueurs sont en train d’intégrer les règles non officielles s’appliquant à tout personnage public en Chine – des règles que les stars d’Hollywood étudient depuis près de vingt ans.

La NBA s’est retrouvée au cœur d’une crise géopolitique après un tweet (rapidement supprimé) du directeur général des Rockets, Daryl Morey, exprimant son soutien aux manifestants de Hong Kong. Ce tweet a déclenché la fureur du gouvernement chinois et amené les fans chinois de basket à se retourner contre une des équipes les plus populaires de la NBA [et particulièrement appréciée en Chine pour avoir accueilli de 2002 à 2011 Yao Ming, l’un des rares Chinois à avoir joué aux États-Unis, une star dans son pays]. La réponse de la NBA défendant la liberté d’expression tout en reconnaissant l’offense causée par ce tweet a été jugée insuffisante et critiquée, aussi bien en Chine qu’aux États-Unis.

Alors que la polémique enflait, James Harden, qui est lié à Adidas par un contrat de 200 millions de dollars, s’est présenté devant les médias avec son coéquipier Russell Westbrook. Les deux joueurs étaient face à un dilemme dont même un diplomate chevronné aurait peiné à se sortir. Une fois encore, Harden a dit combien il était désolé.

Nous présentons nos excuses, a-t-il déclaré. Nous aimons la Chine. Nous aimons jouer ici. Tous les deux, nous venons individuellement une ou deux fois par an. [Les Chinois] nous témoignent le plus grand amour. Ce sont nos fans, nous les apprécions, et nous aimons tout ce qu’ils sont.”

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Ben CohenErich SchwartzelJames T. Areddy

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