COP25. Les défis de la taxe carbone au Canada



Chaque jour durant la COP25 – qui se déroule à Madrid du 2 au 13 décembre –, découvrez une problématique climatique spécifique à un pays. Aujourd’hui, le Canada.
Quatrième producteur mondial de pétrole, ce pays se réchauffe en moyenne deux fois plus rapidement que le reste de la planète. Une taxe sur les émissions de CO2 est déjà en place dans plusieurs provinces pour contrer les changements climatiques. Est-ce la solution ?
 

Essence, diesel, gaz naturel, charbon… Dans plusieurs provinces canadiennes, ces combustibles qui émettent des gaz à effet de serre (GES) sont soumis à une “taxe carbone”, une somme que les producteurs doivent payer pour chaque tonne de dioxyde de carbone émise.

L’objectif ? Inciter les producteurs de carburant, les distributeurs d’électricité et, par extension, les consommateurs, à agir pour réduire leurs émissions. Pour y parvenir, “le prix [de la taxe] augmente généralement avec le temps, ce qui permet aux ménages et aux industries de s’ajuster et d’adopter des pratiques moins émettrices de carbone”, indique le magazine Châtelaine.

La taxe est-elle efficace pour combattre les changements climatiques ? “Selon le Fonds monétaire international et le directeur parlementaire du budget [canadien], la réponse est oui”, rapporte Radio-Canada. Le site relaie également la position d’Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada, pour qui, au contraire, “cette taxe ne fonctionne pas”.

Le pays a trop attendu

Est-elle réellement en mesure d’aider le Canada à réduire de 30 % ses émissions de GES d’ici à 2030, comme il s’y est engagé dans laccord de Paris ? La commission de l’écofiscalité du Canada, citée par le Journal de Montréal, estime que le pays doit multiplier par dix cette taxe d’ici onze ans et la faire passer à 210 dollars (143 euros) la tonne de GES pour rencontrer cet objectif.

Pour Glen Murray – ancien ministre de l’Environnement de la province de l’Ontario, où la taxe est mise en place –, cité par la chaîne Global News, il est déjà trop tard. Selon lui, le Canada a trop attendu pour que la taxe sur le carbone soit une solution pour régler les problèmes du Canada. “Si nous avions quarante ans ou trente ans [devant nous], peut-être que cela fonctionnerait”, regrette-t-il. De son côté le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a déclaré que la taxe carbone pourrait fonctionner, “mais seulement si les gouvernements fournissaient également à la population des alternatives pour faire des choix plus propres”.

Martin Gauthier





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