Crise ouverte entre Berlin et Moscou à la suite du meurtre d’un Géorgien



Le meurtre en plein jour, le 23 août dernier, d’un Géorgien de 40 ans dans le quartier de Moabit en bordure du Tiergarten à Berlin est en train de se transformer en crise politique entre l’Allemagne et la Russie. Plus de trois mois après les faits, le parquet fédéral allemand, chargé des affaires d’espionnage, s’est saisi de l’enquête car il juge qu’il y a « suffisamment d’indices concrets » convergeant vers les « autorités russes ou de République tchétchène » sous le contrôle de la Russie. Autrement dit 
la Russie est soupçonnée de terrorisme d’Etat

sur le sol allemand.

Nous sommes obligés de prendre un certain nombre de mesures de rétorsion.

Faute d’obtenir la coopération des autorités russes, le gouvernement exige désormais l’expulsion sous 7 jours de deux de leurs diplomates basés à Berlin et se réserve le droit de prendre d’autres mesures si la Russie refuse de coopérer avec le procureur général.

Selon le « Spiegel », les deux diplomates travailleraient pour les services du renseignement militaire russe. Moscou nie farouchement toute implication et a répliqué par la voix d’un porte-parole de sa diplomatie en jugeant la décision « hostile et sans fondements ». « Nous sommes obligés de prendre un certain nombre de mesures de rétorsion », a-t-il ajouté sans plus de détail à ce stade.

Une autre affaire Skripal ?

Tuée de trois balles dans la tête par son attaquant qui l’a approchée à vélo alors qu’elle se rendait à la mosquée, la victime du meurtre a été identifiée comme Tornike K. Ce Géorgien issu de la minorité tchétchène du pays avait combattu la Russie lors de la deuxième guerre en Tchétchénie. Il était, selon les enquêteurs, classé comme un « ennemi de l’Etat ». Passé dans une unité antiterroriste du ministère géorgien, Tornike K. avait demandé l’asile en Allemagne il y a 3 ans, sans succès du fait de ses liens avec les milieux islamistes.

Son agresseur présumé a été arrêté et emprisonné à Berlin dans la foulée du meurtre, mais il garde le silence. Il serait entré en Allemagne via la France sous le nom de Vadim Sokolov deux jours avant le meurtre.

Le « Spiegel », Bellingcat et The Insider avaient révélé fin août que le numéro du passeport de l’intéressé conduisait à une unité du ministère de l’Intérieur à Moscou ayant déjà délivré dans le passé des documents pour le GRU, le renseignement militaire russe. Celui-ci est par ailleurs cité dans l’enquête sur 
l’empoisonnement de Sergueï Skripal

, un ex-agent double russe, dans le sud-ouest de l’Angleterre en mars 2018. 



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