Algérie: ACALAN – Trois commissions pour promouvoir l’arabe, tamazight et l’amharique


Alger — L’Académie africaine des langues (ACALAN), créée en 2011, vient de se doter de trois commissions dont la mission principale est de « promouvoir » les trois (03) langues « transfrontalières véhiculaires » que sont l’arabe, tamazight et l’amharique.

La mise en place de ces commissions a été concrétisée lors d’un atelier opérationnel et de planification, organisé du 29 au 31 octobre dernier à Addis Abeba (Ethiopie), lequel avait également défini les modalités de fonctionnement ainsi que les domaines prioritaires des dites commissions.

Lors de la séance d’ouverture présidée par le fondateur de l’Assemblée des Académiciens de l’ACALAN, le Professeur Ayo Bamgbose, ce dernier a résenté le mandat et les tâches des trois (03) commissions, les classant en trois catégories, à savoir l’enquête initiale, la recherche et le plaidoyer, avant d’exhorter ses membres à « se consacrer au développement et à la promotion de leurs langues respectives en particulier et des langues africaines en général ».

De même qu’il a été retenu l’uniformisation de la graphie, l’unification de la création terminologique, l’élaboration de programme d’apprentissage de la langue à tout citoyen africain, l’assurance de la mobilité aux étudiants, enseignants et chercheurs, de sorte à pouvoir accéder aux structures universitaires d’un autre pays de l’espace amazighophone.

L’accent a également été mis sur la formation des formateurs (journalistes, enseignants, traducteurs, état civil, greffes des tribunaux), la duplication des archives à travers l’espace amazighophone, ainsi que l’inscription collective de traits majeurs du patrimoine culturel et immatériel du Tamazight auprès de l’UNESCO.

Il y a lieu de souligner, également, la présence de nombreux algériens dans cette commission, dont le Pr Youssef Nacib, unanimement élu comme coordinateur, en plus d’autres membres, à l’instar du président du Haut-Commissariat à l’Amazighité (HCA), Si El Hachemi Assad, de Nadia Berdous, de Abdellah Saddiki, de Abdennacer Guedjiba et de Allaoua Rabhi.

A relever, en outre, la présence, en qualité de membres de la commission dédiée à la langue Arabe, de l’Algérie, Maroc, Tunisie, Egypte, Libye, Soudan et de la Mauritanie, ces pays présentant « des points communs ainsi que quelques divergences dues aux préoccupations et aux priorités de chaque Etat ».

Ladite commission a dégagé, entre autres projets prioritaires, le développement de l’alphabet, de l’écriture et des programmes d’enseignement de l’Arabe « aux non-natifs ».

De même qu’il a été retenu l’idée de mener des études sur le statut de la langue arabe dans les autres sociétés africaines, en tant que langue « dominante ou minoritaire ». De promouvoir cette langue pour lui permettre de suivre les développements technologiques, de créer des festivals et autres prix récompensant les productions artistiques et cinématographiques en arabe, de développer des partenariats avec les institutions travaillant à la promotion de la langue arabe et enfin, de mobiliser les ressources humaines et matérielles pour ce faire.

A l’instar des deux commissions suscitées, celle dédiée à l’Amharique s’est également engagée à la création d’un dictionnaire en cette langue, de mener une étude dialectale, d’harmoniser le système d’écriture de l’amharique, d’organiser des conférences et ateliers, de faire la polarisation des variétés de cette langue, etc.

L’Académie Africaine des Langues (ACALAN), est une institution spécialisée de l’Union Africaine (UA), mandatée pour développer et promouvoir les langues africaines en tant que facteur d’intégration et du développement de l’Afrique.



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