A Madrid, l’appel à une transition écologique socialement juste



Madrid se prépare à marcher pour le climat. Associations et collectifs écologistes ont convoqué une grande manifestation, ce vendredi, pour tirer la sonnette d’alarme de l’urgence climatique en marge des
négociations en cours à la COP25

, la conférence mondiale sur le climat qui s’est ouverte lundi dans la capitale espagnole. Les organisateurs de la marche attendent plus de 100.000 participants, mais les projecteurs ne se centrent que sur une seule personne, 
Greta Thunberg, tout juste arrivée de Lisbonne

, qui devrait défiler en première ligne. La présence de la jeune activiste suédoise accapare depuis des jours l’attention des médias qui ont suivi comme un feuilleton l’odyssée de sa traversée de l’Atlantique.

Transition inclusive

Au-delà du phénomène médiatique, cette marche pour le climat marque l’ouverture d’une semaine de sommet social et d’une série de réunions, débats et conférences pour impliquer la société civile et réclamer une transition verte, juste et inclusive.

« Nous ne nous résignons pas à être les spectateurs impuissants de réunions techniques et de négociations à guichets fermés, nous voulons être partie prenante, explique Pablo Chamorro, représentant de Greenpeace en Espagne. Il s’agit non seulement de demander aux Etats de relever leurs ambitions et de respecter leurs engagements, mais aussi de nous donner les conditions d’une transition juste ».

300 rencontres et débats

Quelque 300 rencontres et débats sont prévus à partir de samedi sur le campus de l’université Complutense de Madrid, entre concerts et ateliers de sensibilisation à la réduction des déchets. Parmi les participants se trouvent des représentants des peuples indigènes 
menacés par la déforestation

et les conséquences du réchauffement climatique. « Au Chili ou au Brésil, les grandes industries ont une action brutale, elles détruisent le paysage et les activités traditionnelles et rendent les populations locales complètement dépendantes de leurs activités polluantes », dénonce Angela Santiago, la porte-parole chilienne de Fridays for Future.

Le grand axe de ce sommet social est l’exigence d’une transition socialement juste. « Il ne faut laisser personne derrière », insiste aussi Blanca Ruibal, représentante de la branche espagnole d’Ecologistes en action. « Fermer une mine ou une centrale thermique, cela doit signifier donner des moyens de reconversion économique pour les populations locales. Si on ne met pas en place les bons dispositifs d’accompagnement, on va avoir les gagnants et les perdants de cette transition », avertit-elle en réclamant la mise en place d’impôts verts, d’alternatives viables pour la reconversion des zones minières, et une révision complète des règles du jeu « pour que la consommation écologique ne soit pas un luxe réservé à une minorité alors les autres sont condamnés à la mal bouffe ».



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