au moins 62 migrants ont péri dans le naufrage de leur bateau – JeuneAfrique.com



Au moins 62 migrants partis de Gambie sont morts dans le naufrage de leur embarcation au large de la Mauritanie.


« C’est à notre connaissance un des pires naufrages cette année » sur cette voie de migration par l’Atlantique, a indiqué la porte-parole de l’Organisation internationale des migrations (OIM) en Afrique de l’Ouest, Florence Kim, suite au naufrage d’une embarcation survenu mercredi, à environ 25 km au nord de la ville de Nouadhibou, près de la frontière avec le Sahara occidental.

Selon l’OIM, le groupe venait de Gambie, où l’embarcation a quitté le 27 novembre dernier. En proportion de sa population – environ deux millions d’habitants – , le pays connaît le plus de départ en Afrique de l’ouest.

Une centaine de personne à bord

Leur « embarcation de fortune transportait entre 150 et 180 personnes, dont des femmes et surtout des jeunes âgés de 20 à 30 ans », a rapporté le ministère mauritanien de l’Intérieur dans un communiqué.

« Il s’agissait pour l’essentiel d’immigrants irréguliers qui tentaient de rejoindre l’Espagne en provenance de Banjul en Gambie, selon les premières informations recueillies auprès de la majorité des rescapés ».

« Ils allaient vers les Canaries, ils n’avaient plus d’essence, ils ont voulu se rapprocher de la Mauritanie et ont heurté un rocher », a relaté la porte-parole de l’OIM.

L’embarcation, apparemment une simple pirogue, « a commencé à prendre l’eau. Ils n’étaient pas très loin du rivage, mais une forte houle les a empêchés d’atteindre la côte en bateau », a déclaré une source sécuritaire mauritanienne.

58 personnes enterrées anonymement

Ils ont quitté l’embarcation à la nage. Quatre-vingt-trois naufragés, dont dix mineurs, sont parvenus à rejoindre le rivage selon l’OIM. Parmis eux, 79 Gambiens et 6 Sénégalais.

Mais 62 personnes, dont au moins huit femmes et un enfant, ont péri. 58 victimes ont été enterrées près de Nouadhibou dans la nuit, sans attendre, selon les prescriptions musulmanes, et sans être identifiées, a dit la porte-parole de l’OIM à Dakar. Quatre autres corps ont été retrouvés plus tard par les autorités mauritaniennes, portant le nombre de victime à 62.

Certains rescapés ont été hospitalisés en urgence à l’hôpital de Nouadhibou, place portuaire et deuxième ville de Mauritanie.

Les survivants « sont très fatigués, affamés, le moral à zéro, mais ils reprennent leurs forces et leurs esprits petit à petit », a déclaré un médecin de service. « Le gros problème, c’est qu’il n’y a pas de psychologue, ils sont sous le choc », a noté la porte-parole de l’OIM.

Les rescapés ont été recueillis « suivant les règles d’hospitalité qu’exigent la solidarité humaine, la fraternité et l’hospitalité africaines », a dit le ministère mauritanien. Puis d’ajouter que « Cette situation rappelle, s’il en est besoin, la tragédie que cause le phénomène de l’immigration clandestine, qui décime la jeunesse africaine ».





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