Guinée: les élections perdues d’avance pour Cellou Dalein Diallo ? | Africa Guinee


LABE- Alors que les législatives approchent, le combat est-il perdu d’avance pour l’opposant Cellou Dalein Diallo ? C’est une question qui taraude les esprits de certains citoyens. Et pour cause : Les opérations d’enrôlement des électeurs pour les élections législatives sont entachées par de nombreuses irrégularités dans les bastions de l’opposant Cellou Dalein Diallo, a constaté Africaguinee.com.

Dans la région de Labé, en moyenne Guinée, le processus de révision des listes électorales se  poursuit sur le terrain. Mais les disfonctionnements sont multiples. Dans certaines contrées, les opérateurs de saisis n’ont pas été vus alors que l’on est à quelques jours de la fin de l’enrôlement. A ces nombreux couacs s’ajoutent les ruptures du consommable dans les CAERLES.

La région de Labé compte 5 préfectures et plus de 50 sous-préfectures. A date,  il y a des localités qui n’ont pas encore reçu la visite des agents recenseurs alors que nous sommes à une semaine de la fin de l’opération. A cela s’ajoute la rupture de récépissés, de fiches d’identification et des pannes répétées des machines. Parfois aussi le mécontentement de certains opérateurs de saisis empiètent l’enrôlement.

 «Les  citoyens s’enrôlent mais notre principal soucis, c’est les problèmes de récépissé sinon l’engouement est total partout. Toute la préfecture de Koubia avait un besoin de 56 CAERLES mais nous n’avons que 32. Nous avons mis 7 dans la commune urbaine les autres dans les 5 sous-préfectures. Gadha Woundou 2, Fafaya 7, Missira 4, Pilimini 7 et Matakaou 5. Les gens s’enrôlent en attendant  l’arrivée des récépissés parce que nous sommes en rupture. Et il y a des zones où les agents recenseurs ne sont pas arrivés. C’est le cas dans le district de Timbereng qui fait frontière avec le Mali Bamako qui relève de GadhaWoundou », explique Aissatou Cissé Diallo présidente de la CEPI de Koubia.

Dans la préfecture de Lélouma, le retard accusé semble être plus sérieux dans la commune rurale de Thiaguelbori. L’allure de l’opération ne rassure pas. Sur 11 districts plus  le centre, c’est seulement 5 localités où les opérations ont commencé. «Le recensement n’avance pas comme nous le souhaitons. Les machines sont insuffisantes et le travail est lent. Ils sont loin de finir. Ensuite le consommable  est souvent en rupture. Il n’y a pas de fiches d’identification ni de récépissés. Nous avons 5 CAERLES pour 11 districts. chaque CAERLE doit couvrir 2 districts, s’ils n’augmentent pas les jours de l’enrôlement, dites-vous que nous basculons à une simple farce pas à un recensement. Si on avait au moins respecté le délai minimal de 45 jours, ça allait être mieux mais 25 jours alors que personne n’a commencé, nous sommes loin d’avoir 50% d’enrôlés. Actuellement les opérations se font dans les districts de Deena, Hore-hollandè, Missira, Horè Koubi, Sentou et ici au Centre. C’est seulement à Horè Hollandè qu’ils ont finis pour aller à Bossè. Il ne reste que quelques jours alors que LeyLagui, Kimbely, Dita, Ley Fello et Ndataray Oury,  ne sont pas du tout touchés par les agents recenseurs » regrette le Maire de Thiaguel Bori Mouctar Sentou Bah.

Le président de la CEPI de Mali Yembering, Elhadj Alhassane Diallo fait le même constat. Ce responsable locale  ne cache pas son inquiétude par   rapport à la situation qui prévaut  dans sa juridiction.  

«  Nous sommes loin de finir là, nous avons deux CAERLES en panne nous avons tout fait en vain. Il y a deux à trois localités où les travaux n’ont pas démarré. Le problème n’est pas seulement lié à l’affaire des kits mais un souci d’opérateurs de saisis par rapport à leurs primes. Ils sont payés via orange money ou au crédit rural, certains sont allés constater que leurs codes  ne correspondent pas au montant. Ou on trouve que 3 personnes ont le même code. Au nombre de 22. Cela a contribué à accuser un retard, nous les avons prié de reprendre le travail quand l’argent arrive, c’est eux qui seront payés pas quelqu’un d’autre. Je pense qu’ils ont payés beaucoup il ne reste que 3. Nous ne sommes pas certains du tout de finir à la date indiquée le 16 décembre  parce qu’il y a des endroits où jusqu’au 29 Novembre l’enrôlement n’avait pas commencé. Là où nous avons commencé tôt c’est le 24. Imagine il y a les endroits les plus éloignées dans Balaki qui est 150km de Mali centre, maintenant il y a des localités qui sont à 100km de Balaki aussi comme Niafou, d’autres secteurs et districts sont situés à plus de 50 km du chef-lieu Balaki. Là où l’opération n’a pas démarré du tout. C’est le cas de Kokouma et Diohere dans la sous-préfecture de Dougountounny », explique le maire.

Dans la préfecture de Tougué, les opérations d’enrôlement enregistrent là aussi des disfonctionnements et de manquement selon un opérateur de saisi qui a requis l’anonymat.

 « Comment voulez-vous que ça marche bien alors que l’engagement en vers les opérateurs de saisi n’est pas respecté ? Comment voulez-vous qu’ils travaillent alors qu’ils ne sont pas contents ? Les primes ne sont pas payées correctement, certains aussi veulent absolument gagner un morceau  sur cette prime dérisoire. Les gens viennent vraiment pour se faire recenser mais certains agents manquent à leur travail sans motif. Beaucoup ne maitrisent pas les machines, ce qui fait qu’elles se bloquent à tout moment, il y a des CAERLES qui peuvent ne pas fonctionner pendant 72 heures faute d’agents recenseurs qui vont à la récupération de leurs primes. La formation des agents qui étaient prévus pour 4 et 5 jours, certains n’ont qu’une seule journée. Nous sommes là mais les choses n’avancent pas comme sur des roulettes », a révélé cet opérateur de saisie envoyé dans une localité de Tougué.

A Labé le chef-lieu de la région, les citoyens sont amers contre les opérateurs de saisis à certains endroits. Ils les  accusent de banaliser les opérations alors que le processus est imminent. C’est le cas au quartier Doghol : « nous sommes venus le vendredi, ils ont enrôlé les gens jusqu’à 18 heures, en arrêtant l’opération. Après, ils nous laissent des tickets avec l’argument que nous serons les premiers à être enrôlés le samedi. Samedi nous venons à 6 heures, l’unique agent venu ce jour n’est arrivé qu’à 9 heures. À 11 heures  ils appellent ses collègues qui disent être empêchés lui aussi nous dit qu’il ne peut travailler seul, la journée est perdue comme ça. C’est la même situation qui passe partout. Et même le jour où ils travaillent les temps de pause dépassent le temps mis pour le travail » a dénoncé Abdoulaye Barry qui dit être recensé sans disposer encore de son récépissé.

Alpha Ousmane Bah(AOB)

Pour Africaguinee.com

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