Afrique: Commerce – Les pays ACP redéfinissent leur vision pour avancer vers le multilatéralisme


Réunis du 9 au 10 décembre à Nairobi, au Kenya, pour le neuvième sommet de l’organisation, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’espace ont réfléchi à la possibilité de donner un souffle nouveau aux économies de la région.

Lors des assises dont le thème de cette année s’intitulait « Un groupe ACP transformé et engagé en faveur du multilatéralisme », un appel a été lancé pour promouvoir le commerce équitable, parvenir au plus vite à une croissance inclusive et garantir la paix et la stabilité dans les pays du Sud.

L’occasion a permis aux participants de se pencher sur les résultats des négociations engagées avec l’Union européenne en vue d’un nouvel accord de partenariat entre les deux parties d’une durée de vingt ans. Il s’agissait, entre autres, de faire le point sur la mise en œuvre des engagements pris lors du huitième sommet, mais aussi de fournir un leadership politique et des orientations sur les structures institutionnelles ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) devant permettre de parvenir à un développement durable dans le cadre de l’Agenda 2030.

Dans son intervention lors de la rencontre, le président kényan, Uhuru Kenyatta, a déclaré que l’ordre mondial actuel – qui repose sur le règne du droit – devrait être renforcé, afin de mieux agir face aux défis les plus urgents tels que la pauvreté, les conflits, l’extrémisme violent et le changement climatique. « Le monde multipolaire d’aujourd’hui est caractérisé par l’existence d’intérêts géopolitiques concurrents, ainsi que par de nouvelles menaces à la paix, à la sécurité et à la libre circulation des personnes », a-t-il affirmé, ajoutant que les pays ACP doivent être « déterminés à être une lueur d’espoir pour le multilatéralisme ».

Pour le chef de l’Etat kényan, qui va dorénavant assumer la présidence tournante du groupe lors des trois prochaines années, les pays en voie de développement ne devraient pas perdre de vue les objectifs poursuivis par leur organisation. « En tant qu’Etats membres du groupe ACP, nous devons défendre avec fermeté un système commercial multilatéral équitable, capable de protéger nos économies contre les pratiques commerciales déloyales », a-t-il souligné.

De son côté, le secrétaire général du groupe ACP, Patrick Gomes, s’est félicité de ce que le sommet de Nairobi a permis aux pays en voie de développement de réaffirmer leur fidélité à un système mondial fondé sur le règne du droit, capable de favoriser la croissance équitable, la bonne gouvernance, la paix et la cohésion. « Nous devons nous engager en faveur du multilatéralisme – en dépit de la crise que celui-ci traverse – afin de garantir que la démocratie, la paix et la prospérité règnent dans nos pays respectifs », a-t-il lancé, promettant que le groupe allait négocier des traités permettant d’améliorer l’accès des produits aux marchés extérieurs, afin d’éliminer l’extrême pauvreté, les inégalités et le chômage.

Le sommet de Nairobi a été précédé des réunions ministérielles tenues du 6 au 8 décembre. Il a été noté que depuis le huitième sommet qui avait eu lieu en Papouasie-Nouvelle-Guinée, d’importantes évolutions ont été enregistrées, qui remodèlent les relations entre les États ACP et le reste du monde. Ces changements ont conduit le groupe ACP à redéfinir sa position et son rôle auprès de ses partenaires traditionnels et potentiels de développement, tant au niveau international que régional.

Rappelons que le premier sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays ACP s’était tenu les 6 et 7 novembre 1997 à Libreville, au Gabon. Il avait été un moment propice pour ses dirigeants de s’engager à se réunir régulièrement, soit en moyenne tous les trois ans.



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