Bougainville vote massivement en faveur de son indépendance



À l’issue de deux semaines de référendum, les habitants de ce petit archipel ont décidé à une majorité écrasante de quitter le giron de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, selon les résultats rendus publics ce mercredi 11 décembre. S’ouvre désormais un long processus vers la formalisation de cette indépendance. 

“Au centre de dépouillement de Hutjena à Buka, devant une foule patiente”, rapporte ce mercredi 11 décembre le Post Courrier, l’ex-Premier ministre irlandais Bertie Ahern, président de la Commission référendaire de Bougainville, “a annoncé que 176928 ont voté en faveur de l’indépendance tandis que 3043 ont voté en faveur d’une plus grande autonomie.” Ce qui équivaut à plus de 98 % des suffrages exprimés en faveur de l’indépendance.

“Mais les résultats ne sont pas contraignants”, ajoute aussitôt le journal de Port Moresby, la capitale de Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG). Et de fait, débute maintenant un long processus de négociations entre les dirigeants de Bougainville et les autorités centrales. Prochaine étape : la ratification des résultats du référendum par le Parlement de la PNG, au sein duquel beaucoup n’ont pas caché leur hostilité à cette initiative, craignant une contagion dans le reste du pays. “Le processus pour devenir une nation à part entière pourrait prendre des années”, relève ainsi le Sydney Morning Herald.

Le référendum était un élément clé d’un accord de paix conclu en 2001 à la suite d’un cessez-le-feu décrété en 1998. Il avait permis de mettre fin à dix ans de conflit armé ayant fait au moins 15 000 morts, précise le quotidien australien. Un conflit qui avait débuté à la fin des années 1980 autour d’une mine de cuivre à Paguna.

“Les entrées d’argent générées par cette mine étaient gigantesques pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée mais beaucoup à Bougainville avaient le sentiment de ne percevoir aucune retombée, tout en souffrant de la pollution et de la mise à mal de leur mode de vie traditionnel”, rappelle le Sydney Morning Herald. La mine est fermée depuis la fin du conflit mais certains estiment qu’elle pourrait rouvrir et constituer la source principale de revenus de l’archipel s’il devient indépendant. En devenant indépendante, Bougainville pourrait aussi se retrouver au cœur de convoitises entre la Chine et l’Australie notamment.





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