«L’Uprona veut reprendre le pouvoir» – IWACU


Dans un entretien accordé à Iwacu, le premier vice-président de la République, Gaston Sindimwo, est revenu sur l’actualité politique du moment.

Où en est le projet de réunification au sein de l’Uprona?

L’UPRONA est la matrice de tous les partis politiques au Burundi. Notre parti a été pendant longtemps celui de tous les Burundais. C’est pourquoi nous leur lançons un appel de retour au bercail. Si un arbre n’a pas de feuilles, il n’en verra jamais tomber de ses branches. Donc, c’est assez normal que notre parti ait connu une vague de départs dans le passé. Néanmoins, les anciens membres de l’UPRONA actuellement au service d’autres formations politiques sont libres de militer en dehors de notre parti. Qu’ils sachent que le combat politiqueaura lieu entre un père et ses fils.

Mais je tiens à souligner ma déception face à l’attitude d’ex-Upronistes qui sèment la discorde au sein de la population que nous exhortons à la vigilance face à cette propagande tordue, notamment nos concitoyens logés dans des camps de déplacés. A ceux-ci, mon message est simple: La paix et la sécurité qui règnent dans notre pays depuis 2015 et que menacent aujourd’hui ces politiques sans foi ni loi sont l’œuvre du Cndd-Fdd en collaboration avec l’Uprona.

Enfin, je n’ai pas honte de le dire : Nous voulons gagner les élections en tant que Abadasigana  et faire que notre parti prenne à nouveau le pouvoir. Dans cette optique, nous estimons que l’Uprona doit devenir «un parapluie où tous les Burundais puissent s’abriter du soleil et de la pluie»

Y-a-t-il des « Badasigana » qui ont répondu à votre appel de “retour au bercail”?

Ils sont innombrables. Et ne cherchez surtout pas à vous focaliser sur des leaders connus, car ce retour au bercail s’exerce plutôt par le bas. Aujourd’hui, depuis la naissance de notre parti, c’est la toute première fois que notre parti est présent jusqu’au niveau collinaire. Au fil du temps, l’Uprona était devenu un parti de «cadres en cravates» coupés du peuple et qui se contentaient de prendre des décisions sans jamais quitter leurs bureaux. Aujourd’hui, nous avons rétabli un lien solide avec la base à travers un réseau de représentants du parti sur chaque colline dans tout le pays. Fini l’Uprona campé uniquement dans les villes et chefs-lieux des provinces, place à un Uprona connecté au Burundi profond.

Quelle stratégie pour «ramener au bercail» des milliers de Burundais déçus par l’Uprona à la tête du pays? 

Nous demandons aux Burundais de nous faire confiance, l’Uprona étant un parti du passé, du présent et de l’avenir. Notre parti a traversé de dures épreuves. Les idéaux du prince Louis Rwagasore ont été bafoués par des dirigeants qui ont gouverné au nom de l’Uprona, mais pour servir leurs intérêts propres. Notre parti tient une place à part dans notre paysage politique. L’Uprona est à l’origine de l’indépendance de notre pays. Nous sommes un parti d’équilibre, de gouvernement et qui ne pratiquera jamais la fronde politique, car il estime qu’il a une responsabilité exceptionnelle à l’égard du peuple burundais. Par ailleurs, nous sommes devenus le parti de la jeunesse. Une jeunesse qui rêve de révolution et qui sera mise en avant lors des différents scrutins à venir. A certains parmi l’ancienne génération qui s’indigne de ce rajeunissement, l’occasion m’est donnée de leur rappeler que le prince Louis Rwagasore n’avait que 29ans et qu’il est opportun de former une génération nouvelle qui lui ressemble. Enfin, le parti Cndd-Fdd avec lequel nous sommes partenaires s’est battu et a réussi à ramener la paix et l’unité entre Barundi. Au sein de l’Uprona, ce bilan nous réjouit, mais nous estimons pouvoir faire mieux.

Comment jugez-vous le climat politique actuel à la veille des élections?

La situation actuelle est de loin meilleure que celle prévalant dans le passé en de pareilles périodes. Cependant, nous déplorons de temps à autre des actes d’intolérance politique ici et là dans le pays. Pour cela, nous demandons au ministre de l’Intérieur de veiller à ce que tous les partis politiques intègrent les comités mixtes de sécurité et de réunir les représentants des partis politiques une fois le mois. Aux gouverneurs de province, nous leur avons demandé d’organiser des rencontres avec des leaders de partis politiques deux fois le mois. Nous lançons également un appel au respect des mesures et injonctions prises par le président et le ministre de l’Intérieur de la part d’élus collinaires et même certains administrateurs communaux. Dans le jeu politique, ceux qui n’exercent pas le pouvoir veulent le prendre et ceux qui l’exercent ne veulent pas le céder. Que celui qui exerce le pouvoir ne recourt pas à l’intimidation de ses concitoyens comme l’a d’ailleurs rappelé le président de la République récemment. Le citoyen burundais a le droit de vivre en paix et de militer dans tel ou tel autre parti politique sans crainte de représailles à son encontre. De même, il est interdit à quiconque d’user de son appartenance politique pour exercer des menaces ou du chantage sur ses compatriotes. Bref, nous n’accepterons jamais quiconque voudra soumettre de nouveau le pays à la terreur.

Qu’attend votre parti pour présenter un candidat aux élections présidentielles prochaines?

Nous ne sommespressés. Au moment opportun, le nom du candidat élu pour nous représenter sera divulgué. Sinon, l’Uprona prendra part à tous les scrutins prévus : Des élections législatives aux scrutins portant sur les conseils communaux en passant par l’élection présidentielle.



burundinews

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