Cameroun: CHRACERH – Deux derniers bébés pour 2019


Conçus eux aussi par fécondation in vitro, ils portent à 170 le nombre de bébés-éprouvette nés dans la formation hospitalière en trois ans.

Les tonitruants vagissements de « bébé Lilian B. » quelque cinq minutes après sa naissance, ce lundi 9 décembre, ont le don de rassurer et de baisser la tension de tous au bloc opératoire. Le nouveau-né qui affiche 3kg 800 sur le pèse-bébé a été sorti des entrailles de sa mère par césarienne. « Malgré le fait que la grossesse ait atteint 40 semaines, -la norme-, le bébé n’était pas en position céphalique, mais transversale. Donc, l’extraction n’a pas été facile et elle en a pris un coup. Il a fallu la réanimer », explique Dr Epéé, pédiatre, tout en s’activant autour de l’enfant pour les premiers soins. La peau du nouveau-né qui pèle déjà surprend. « C’est un phénomène normal dû aux conditions de la maman dont le placenta a prématurément vieilli.

Il n’y a là rien d’alarmant », soutient la pédiatre. De quoi rassurer les médias présents et surtout la mère, 44 ans, dont c’est le tout premier enfant. Le parcours médical de Lilian B., originaire de la région du Nord-Ouest, est particulier. « Elle avait eu un problème d’utérus polyfibromateux opéré dans un coin perdu avec des complications post-opératoires entraînant une infection et des adhérences. Finalement, ça a abouti à une stérilité complètement définitive avec les deux trompes bouchées et des douleurs pelviennes. On l’a opérée une première fois, pour la soulager des douleurs liées aux problèmes d’adhérences. Mais l’analyse du système médical à l’intérieur montrait qu’elle ne pouvait pas concevoir de façon naturelle.

Le mari aussi avait des soucis au niveau de la quantité et de la qualité de son sperme », explique le Pr. Jean Marie Kasia, gynécologue obstétricien, directeur général du Centre hospitalier de recherche et d’application en chirurgie endoscopique et reproduction humaine Paul et Chantal Biya (Chracerh). Finalement, grâce à la magie des techniques de Procréation médicalement assistée mises en oeuvre au sein de cet hôpital de référence, le couple a obtenu sa première grossesse.

Le deuxième cas traité lundi, 9 décembre 2019 est celui de Chantal M., 29 ans, originaire de l’Extrême Nord. Enceinte cinq fois, elle a également eu cinq fausses-couches. « Avec toutes les manipulations qu’elle a connues, ses trompes se sont bouchées. Son époux avait aussi une oligospermie très sévère. Son spermogramme était très mauvais. Donc, c’était un cas de stérilité mixte. On a dû faire une injection intracytoplasmique de spermatozoïde (Icsi). La dame est tombée enceinte. Et voici le jour de la délivrance », relève Pr. Kasia. Quelques minutes après le début de la césarienne, un bébé de sexe féminin accède au monde. En parfait état de santé, elle pèse 3kg100. « Bébé Lilian B. » et elle portent à 170 le nombre de bébés-éprouvette obtenus par la formation hospitalière en trois ans. L’équipe médicale enchaîne immédiatement avec la troisième césarienne de la journée. Le petit garçon qui naît a été conçu naturellement. Alors qu’il subi les soins recommandés en poussant de hauts cris, « Bébé Lilian B. », elle, a déjà fait connaissance avec sa mère et tête goulûment sous le regard attendri du personnel soignant..



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