Aung San Suu Kyi, la chute d’une icône



Le 10 décembre 1991, Aung San Suu Kyi recevait le prix Nobel de la paix. Le 10 décembre 2019, à la barre de la Cour internationale de justice, elle a pris la défense de l’armée birmane, accusée de génocide contre la minorité musulmane des Rohingyas. Deux visages que tente de décrypter cet universitaire bangladais.

Pour Aung San Suu Kyi, le 10 décembre aurait pu être une date mémorable. C’est le jour où elle a reçu le prix Nobel en 1991. Cette année-là, Aung San Suu Kyi méritait le Nobel de la paix. Le magazine Time l’a même comptée au nombre des “enfants de Gandhi”, en 1999, pour son engagement en faveur de la non-violence. Pendant longtemps, près de vingt et un ans, elle a été une prisonnière politique, et à ce titre elle incarnait l’espoir pour les personnes éprises de liberté de par le monde.

Mais ces dernières années, le monde a découvert un autre visage d’Aung San Suu Kyi. Elle s’est murée dans un silence éloquent autour du massacre des Rohingyas, refusant d’intervenir contre ce qui apparaît comme un effroyable nettoyage ethnique. Il semble qu’il y ait deux Aung San Suu Kyi : la première, celle d’avant 2015 ; et une autre, révélée après les élections de 2015. La première aurait pu boire son thé à petites gorgées tout en évoquant le souvenir de son prix Nobel du 10 décembre, tandis que l’autre comparaît aujourd’hui devant la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye.

“J’ai senti la puanteur du génocide”

La Gambie, un petit pays africain, a saisi ce tribunal [des Nations unies] et accuse Aung San Suu Kyi d’avoir changé de discours depuis sa victoire écrasante aux législatives [de 2015]. Ces dernières années, de nombreux appels ont été lancés en vue de lui retirer son prix Nobel de la paix, dont elle n’est sans doute plus digne. Le comité Nobel n’est pas de cet avis.

Or l’affaire est grave. Le ministre de la Justice de Gambie, Abubacarr Marie Tambadou, à la tête d’une équipe de juristes, cherche à attirer l’attention de la planète sur les détails sanglants de l’action orchestrée par l’armée birmane et ses hommes de main

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Shamsad Mortuza

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Le titre, qui a pour devise “Le droit du peuple à être informé”, tente de remplir cette mission le mieux possible. Son supplément, Star Weekend Magazine, offre d’intéressants articles sociétaux et culturels.
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