Brexit : vers un nouveau référendum d’indépendance en Ecosse ?



Une fois de plus, l’Ecosse est à rebours de l’Angleterre. 
Si Boris Johnson a largement dominé les élections législatives

de ce jeudi, au-delà du mur d’Hadrien, ce sont les partisans du « Remain » qui ont fêté la victoire. Le « Scottish National Party », le parti indépendantiste auquel appartient la Première ministre écossaise, a obtenu 43 sièges sur une soixantaine au total accordée à l’Ecosse.

Nicola Sturgeon a donc réclamé l’organisation d’un nouveau référendum d’autodétermination. « Il y a maintenant un mandat en vue d’offrir au peuple écossais le choix de son propre avenir », a martelé la cheffe de l’exécutif local, à la chaîne de télévision Sky News. « Boris Johnson a peut-être reçu un mandat pour faire sortir l’Angleterre de l’Union européenne. Il n’a absolument pas le mandat de faire sortir l’Ecosse de l’Union européenne. L’Ecosse doit avoir le choix de son propre avenir ».

Boris Johnson opposé au référendum

Mais la tenue d’un référendum ne se décide pas aussi facilement. Il y a plusieurs étapes à franchir. Nicola Sturgeon doit d’abord obtenir l’aval de Stormont, le parlement local, puis celui de Westminster. Elle doit ensuite convaincre le gouvernement britannique, qui a le pouvoir et la légitimité de bloquer le processus.

Et c’est là que le bât blesse. Même si ce référendum sur l’indépendance est une promesse de campagne de Nicola Sturgeon, Boris Johnson, lui, en a toujours rejeté l’idée. De son côté, Jeremy Corbyn avait aussi exclu la requête, au moins pendant la première mandature du gouvernement travailliste s’il venait 
à remporter les législatives.

Avec le résultat du scrutin, la cheffe du gouvernement croit toutefois détenir un nouvel argument de poids à opposer à l’exécutif britannique pour négocier l’organisation du référendum. « Les Ecossais ont le choix pour un avenir différent. J’ai un mandat clair pour donner ce choix à l’Ecosse, cela ne fait aucun doute », a-t-elle expliqué sur l’antenne de la BBC. Mais en théorie, elle reste tributaire de la décision de Boris Johnson.

De nouvelles interrogations

Et même si un référendum venait à être organisé, son issue n’est pas certaine. En 2014, les Ecossais s’étaient en effet déjà exprimés sur le sujet et 55 % d’entre eux avaient refusé le divorce avec le reste du Royaume-Uni. Entre-temps, le Brexit a certes changé la donne. Mais serait-ce suffisant pour renverser la vapeur ?

Il est vrai qu’en juin 2016, soit deux ans après le premier référendum, 62 % des Ecossais se sont prononcés contre le Brexit. Une europhilie que les indépendantistes se sont appropriée. Toute leur campagne pour les législatives s’est par exemple basée sur le slogan : « Arrêter le Brexit ».

Désormais, de nouvelles questions émergent. Si l’Ecosse vote en faveur de l’indépendance, pourra-t-elle rester dans l’UE ou devra-t-elle faire une nouvelle demande d’adhésion ? Car elle est entrée dans l’UE en étant une partie intégrante du Royaume Uni.

De plus, malgré les inquiétudes liées au Brexit, les Ecossais seront-ils vraiment prêts à gérer une indépendance, qui impliquerait, entre autres, le retour d’une frontière entre l’Ecosse et l’Angleterre ? Et ferait courir le risque d’un choc économique et institutionnel.



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