Ladj Ly, itinéraire d’un cinéaste révolté



Le New York Times brosse le portrait de Ladj Ly, le réalisateur des Misérables qui fait actuellement un carton dans les salles de cinéma françaises. C’est “un film arraché aux pages de sa vie”, titre le grand quotidien américain.

Issu d’un quartier sensible de la périphérie de Paris, Ladj Ly a déboulé sur les écrans français le mois dernier avec un film coup de poing, Les Misérables. Son message : la France multiculturelle est là, elle est bien réelle, elle va mal.

Ce message vient directement de sa propre expérience. Ladj Ly, 39 ans, fils d’un éboueur d’origine malienne, a mis toute sa vie dans un long-métrage incisif qui décrit l’âpreté du quotidien dans les banlieues immigrées. Le film a reçu un accueil chaleureux de la critique, tous bords politiques confondus, le président Emmanuel Macron s’est dit “bouleversé par sa justesse”, il a valu à Ladj Ly un prix prestigieux au Festival de Cannes [le prix du jury] et il représentera la France aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère.

Les Misérables, un film à part

Ce qui fait des Misérables un film à part, c’est la connaissance intime que le réalisateur a de son sujet. Ladj Ly fait partie de ce monde mal compris, il y a grandi et y vit encore aujourd’hui. Les films authentiques sur les banlieues* sont rares en France. Le dernier en date, La Haine de Mathieu Kassovitz, sorti en 1995, était réalisé par quelqu’un d’extérieur à cet univers.

Le film de Ladj Ly est différent. Avant de devenir cinéaste professionnel, le jeune Ladj était cet enfant avec une caméra dans la poche, qui filmait des interventions* policières musclées, destinées en partie à protéger les habitants des banlieues*. Souvent, il en subissait les conséquences. “J’ai été inspiré par ma propre histoire, explique-t-il lors d’une interview. Dans le film, tout vient de ce que j’ai vécu, du début à la fin.” Il ajoute :

C’est une sorte d’autobiographie, et un témoignage. J’ai essayé de faire un film qui nous ressemble. Nous vivons dans ces tours : c’est violent, c’est dégradant.”

Un monde où tous vont mal

On ne peut qu’être révolté”, estime Ladj Ly, utilisant ce mot qui, depuis Camus [et L’Homme révolté], en est venu à désigner un état permanent d’insubordination contre son propre environnement. Dans Les Misérables, la banlieue parisienne entre en force dans la tête du spectateur,

[…]

Adam Nossiter

Lire l’article original

Source

Avec 1 400 journalistes, 35 bureaux à l’étranger et 127 prix Pulitzer et plus d’un million d’abonnés, The New York Times est de loin le premier quotidien du pays, dans lequel on peut lire “all the news that’s fit to print” (“toute

[…]

Lire la suite





A lire aussi

Laisser un commentaire