Afrique de l’Ouest: Situation au Sahel – Les Etats invités à repenser leurs politiques sécuritaires


Le Think Thank Afrikajom Center a publié un communiqué sur la situation sécuritaire dans le Sahel marquées par la récurrence des attaques terroristes. Il invite les Etats à repenser leurs politiques sécuritaires.

Les attaques récurrentes des groupes armés terroristes contre certains Etats du Sahel ont des conséquences tragiques inestimables sur les plans humain, social, politique, économique et culturel, a déclaré le Think thank Afrikajom Center dans un communiqué.

Afrikajom Center interpelle la communauté africaine et internationale à prendre conscience que la déflagration qui s’abat sur le Sahel et qui ébranle les assises les plus solides des institutions sécuritaires du Mali, du Niger et du Burkina Faso.

Ces redoutables défis sécuritaires ne s’adressent pas uniquement aux seuls pays du G5 Sahel, mais constituent une véritable menace pour la sécurité régionale et internationale qui doit être traitée de façon plus appropriée avec la stratégie et les moyens idoines.

«Les groupes armés terroristes qui fonctionnent en coalition dont les plus importants sont : le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (Gsim) et l’Etat islamique au grand Sahara(Eigs), ils sont de mieux en mieux armés, de mieux en mieux organisés et de plus en plus téméraires avec un agenda qui leur assure toujours une avance sur les Etats ciblés, souvent pris de cours et surpris par les effets catastrophiques des attaques », précise ce think tank dirigé par Alioune Tine.

«Jamais ces Etats n’ont été aussi menacés dans leur survie, aussi vulnérables dans leur histoire politique depuis les indépendances.

D’autant plus que la communauté internationale et africaine n’a jamais semblé si impuissante en dépit de l’impressionnant dispositif sur le terrain avec les troupes de la Minusma, de Barkhane, du G5 Sahel et de l’appui de l’Union Européenne, des budgets et de toute la logistique investie.

Le basculement sécuritaire et la situation en Libye qui s’est opéré au Sahel a créé un véritable cocktail de violence et l’irruption d’acteurs de toutes sortes avec les milices armées, la criminalité transnationale, sans compter les acteurs hybrides », lit-on dans le communiqué.

Selon Afrikajom Center, il faut désormais prendre acte que les deux mécanismes de régulation de la paix au Sahel n’ont pas encore donné les résultats escomptés, à savoir : celui fondé sur une approche mettant trop l’accent sur les moyens militaires dans la lutte contre le terrorisme et la construction de la paix et de la réconciliation nationale, fondée sur l’existence d’un accord de paix, comme c’est le cas avec le Mali qui est doté de l’accord de paix d’Alger de 2015 soutenu par des tentatives de dialogue, de réconciliation nationale ou de déradicalisation (Niger).

« Nous exprimons notre profonde préoccupation, notre vive indignation et condamnons avec la dernière énergie ces attaques et appelons les Etats à repenser de façon globale et holistique les stratégies sécuritaires nationales qui toutes, ont montré leurs limites », a déclaré Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom.

« Il faut sérieusement examiner au Sahel la mise en place d’une stratégie régionale fondée sur une approche basée sur la sécurité humaine, a ajouté M. Tine.

Afrikajom Center estime que le temps est venu de repenser les politiques sécuritaires en fonction du contexte, de la nature des Etats souvent faibles, non préparés à faire face aux conflits asymétriques, peu présents sur toute l’étendue d’immense territoire ou simplement totalement absents.

Il recommande de créer dans les meilleures délais une troupe formée de militaires de tous les pays de la Cedeao spécialisée dans le combat contre le terrorisme, chargée de soutenir les pays du Sahel ; d’explorer toutes les possibilités offertes par la réconciliation, par le dialogue politique, surtout avec les citoyens entrés en rébellion contre leurs Etats.

Il demande également de passer en revue les pathologies de l’Etat post colonial, la déliquescence des outils de la régulation de la démocratie, de la gouvernance, de la sécurité et de l’environnement.

La question de la corruption qui gangrène l’Etat, les institutions et la société de même que la question de l’impunité et des violations des droits humains sont de nature à créer de profondes inégalités et des fossés entre les élites urbaines et le monde rurale.



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