Brexit : Johnson durcit le ton avant ses négociations avec Bruxelles



Ils sont 109 à sourire sur la photo de famille. Les tout nouveaux députés conservateurs ont posé lundi autour de leur leader, Boris Johnson, sur l’escalier du grand Hall du parlement de Westminster. Une rentrée bon enfant ? Une démonstration de force surtout, tant l’impression de puissance qui se dégage de cette image montre qui est le maître, désormais, à la chambre des communes.

Certains croyaient que les 
80 sièges de majorité

 acquis par Boris Johnson allaient lui laisser les mains libres pour 
s’affranchir de toute pression, sur son aile droite, des «hard Brexiters »

. Voire qu’il soutiendrait un Brexit plus « soft » pour les entreprises britanniques, au moment où s’ouvriront les négociations sur la relation future entre le pays et l’Union européenne -une fois le Brexit acté le 31 janvier. C’est tout le contraire qui semble se produire : les premiers signaux envoyés par Boris Johnson pointent plutôt vers un Brexit dur. 

Brexit réel et rapide

Galvanisé par son succès électoral, le Premier ministre a promis de retrouver les députés, ce vendredi, pour leur soumettre de nouveau le projet de loi de retrait traduisant en droit britannique l’accord de divorce conclu en octobre avec Bruxelles. Il prévoit d’y interdire noir sur blanc toute prolongation de la 
période de négociation avec les 27

. Ce qui limiterait à seulement 11 mois ces discussions capitales pour l’avenir, là où Bruxelles estime que trois ans seraient nécessaires.

Cette perspective n’est en aucun cas irrémédiable : Londres et Bruxelles pourront toujours décider conjointement, d’ici la fin juin 2020, de prolonger cette période de négociation d’un an, voire deux. Mais Boris Johnson veut pousser son avantage, et montrer aux électeurs qu’il tient sa promesse d’un Brexit à la fois réel et rapide.

Accord commercial sur le modèle canadien

Un délai aussi court ne laisse a priori que deux voies possibles : négocier un accord commercial réduit à l’essentiel, ou choisir de s’aligner pour l’après-Brexit sur les règles de l’UE. C’est la première piste qui semble privilégiée. « Boris Johnson a explicitement dit pendant la campagne qu’il visait un accord commercial sur le modèle de celui signé par Bruxelles avec le Canada, sans alignement politique », a indiqué son porte-parole au « 
Financial Times

 ». Avant de préciser qu’il rejetterait tout accord maintenant une convergence des règles britanniques sur la réglementation européenne.

De quoi inquiéter les entreprises britanniques qui, de l’automobile à l’aéronautique en passant par la pharmacie, comptaient sur cette convergence pour continuer de s’approvisionner dans l’UE et d’y vendre leurs produits. La livre a baissé de 1,1 % mardi matin face au billet vert, tombant à 1,318 dollar. Elle a reculé dans les mêmes proportions face à la monnaie européenne, à 1,1866 euro.

Selon le « 
Times

 », le Premier ministre a aussi prévu de revenir dans le projet de loi sur plusieurs concessions qui avaient été accordées aux députés avant les élections. Il l’expurgera de l’amendement donnant aux « MPs » un droit de regard sur les négociations concernant la relation future. Il supprimera le pouvoir qui leur était promis de voter sur une extension de la période de transition. Exit aussi les garanties accordées au Labour sur le maintien, post-Brexit, des droits des travailleurs.



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