Alerte aux cobras dans les résidences de Jakarta



Dans la capitale indonésienne, des zones résidentielles construites sur d’anciennes mangroves sont infestées par des cobras. Signe de l’adaptation des reptiles à un nouvel écosystème.

Contrairement à tant d’espèces animales en voie d’extinction, les cobras s’adaptent parfaitement à leur nouvel habitat modifié par les humains, et prolifèrent. C’est ce que découvrent avec effroi des habitants de la capitale indonésienne depuis quelques jours face à une invasion de ces serpents à la morsure mortelle.

“Tout au long du dimanche 15 décembre, dans le quartier de Kembangan, dans l’ouest de Jakarta, dix-huit cobras ont été évacués de plusieurs résidences par les pompiers. Au même moment, à Bekasi [une ville-satellite de Jakarta] l’équipe de secours de la municipalité a trouvé 30 œufs qui avaient éclos dans une salle de bains”, rapporte Kompas.

Capacité d’adaptation

Contacté par le quotidien indonésien, Amir Hamidy, spécialiste des reptiles au Centre de recherche en biologie de l’Institut indonésien des sciences (LIPI), explique que les zones résidentielles où les cobras ont été découverts étaient autrefois des mangroves, un habitat naturel pour les serpents. Le chercheur précise :

Quand leur écosystème est détruit par l’urbanisation, les cobras s’adaptent : trois mois avant le début de la saison des pluies, ils cherchent un nouvel habitat pour pondre leurs œufs. Ils se déplacent alors dans les zones bétonnées, privilégiant les endroits humides, et où la nourriture abonde, comme les canalisations où ils se gavent de rats. C’est pourquoi on ne les trouve pas que dans les bidonvilles, mais aussi dans les quartiers résidentiels et les hôtels de luxe.”

La vague de chaleur qui s’est prolongée cette année jusqu’au mois de novembre avec l’arrivée tardive de la mousson pourrait être une explication à cette invasion inédite : elle aurait permis aux œufs des serpents d’éclore avec succès, sans être pourris pas la pluie.

Les bébés cobras sont aussi dangereux que les adultes, avertit Kompas qui invite cependant les citoyens à ne pas céder à la panique et à appeler le numéro d’urgence mis en place par l’Agence régionale de gestion des catastrophes du grand Jakarta.





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