Au-delà du Brexit, le financement du système public de santé, l’autre grande priorité de Boris Johnson



L’image a fait la une de toutes les télés. Un petit garçon de quatre ans, allongé au sol dans les urgences d’un hôpital britannique, dans l’attente d’un lit pour être soigné d’une pneumonie. Montrée par un journaliste à Boris Johnson, qui a d’abord refusé de la regarder pour démarrer une interview, elle a donné pendant la campagne électorale du grain à moudre au leader de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn. Celui-ci a dénoncé le manque d’empathie du Premier ministre, en même temps que les effets de huit ans de politique conservatrice d’austérité sur le service public de santé.

Le financement du « NHS », le sacro-saint « National Health Service », c’est 
avec le Brexit

l’autre grande priorité des Britanniques, à en croire les innombrables sondages qui ont émaillé la campagne pour les législatives de la mi-décembre. Un sujet sur lequel Boris Johnson est très attendu, et il le sait. Dans le 
discours de la Reine

prononcé jeudi, il a répété qu’il s’engageait à graver dans le marbre de la loi une augmentation des financements annuels du NHS de 33,9 milliards de livres d’ici 2023-24.

Huit ans d’austérité

Le service public de santé britannique, dont la gratuité fait la fierté des Britanniques, manque cruellement d’argent. Alors même que la population s’accroît et vieillit à la fois, autrement dit alors que les besoins augmentent, il subit la plus longue compression de dépenses de son histoire. Le tour de vis a été particulièrement sévère ces huit dernières années, sous la politique de rigueur des conservateurs.

Après une véritable crise du service offert aux patients pendant l’hiver, Theresa May a annoncé l’an dernier le déblocage de fonds supplémentaires. Ils ont permis de porter l’augmentation moyenne des dépenses à 3,4 % par an sur les 5 ans qui viennent… tout en restant en deçà de la moyenne de long terme.

50.000 infirmières supplémentaires

Son successeur Boris Johnson n’a pas d’autre choix que de remettre au pot. Il a fait miroiter la construction de 40 nouveaux hôpitaux en Angleterre. En vérité, selon les « fact checkers » de la BBC, ce sont 6 établissements qui bénéficieront d’un plan d’investissement de 2,7 milliards de livres sur 5 ans, tandis que 34 autres se partageront seulement 100 millions pour lancer des projets de développement.

Dans son « manifeste »

, Boris Johnson a aussi promis 6.000 médecins généralistes de plus, ainsi que 50.000 infirmières supplémentaires, un chiffre incluant 18.500 « nurses » existantes qui seraient encouragées à le rester. De quoi faire repartir à la hausse le nombre d’infirmières pour mille personnes en Angleterre, à 5,74 en 2023-24, là où il a fondu en neuf ans de 5,15 à 4,98, en août 2019. Le discours de la Reine prévoit aussi la mise en place d’un système de visas accéléré pour recruter à l’étranger les infirmières qui viendraient à manquer avec le départ, pour cause de Brexit, du personnel soignant européen.



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