Afrique de l’Ouest: Macron en Côte d’Ivoire et au Niger – Un réveillon de Noël dans une ambiance grave


Jupiter, si vous préférez, Emmanuel, ou « Dieu avec nous », l’autre nom de l’Enfant Jésus, descend du ciel, pardon, arrive à Abidjan ce 20 décembre pour un séjour de 48 heures. Raison officielle de cette visite sur les terres d’Eburnie, passer le réveillon de Noël avec les soldats du 43e Bataillon d’infanterie de marine (BIMA) basé à Port Boué. Macron rendra également visite au détachement militaire français stationné à Bouaké au centre de la Côte d’Ivoire.

Réveillonner avec des soldats français en opération hors des frontières de l’Hexagone est devenue une tradition républicaine pour les présidents français, de Sarkozy à Macron.

Ces réveillons sont l’occasion pour le président français de se revêtir de son uniforme de chef suprême des armées pour encourager les troupes, particulièrement celles déployées à l’étranger et toute la hiérarchie militaire, à faire honneur à leurs missions et au drapeau tricolore.

Mais le réveillon de cette année aura un goût particulier, car l’ambiance de détente habituelle qui accompagne le repas que le président partage avec les soldats pourrait faire place à de la retenue aux accents graves, pour la raison qu’il intervient après la perte de 13 militaires français dans une collision de deux hélicoptères engagés dans une bataille contre des terroristes au centre du Mali.

Une tragédie survenue dans un contexte où l’hostilité des opinions publiques africaines envers la présence des troupes françaises, sur le continent, particulièrement au Sahel, s’accentue. Chose qui n’est pas sans irriter passablement les autorités françaises d’où l’invitation à l’allure de convocation des chefs d’Etat du G5 Sahel à une rencontre à Pau par le président Macron.

Il s’agit, pour le président français, d’amener ses homologues du G5 Sahel à réaffirmer leur responsabilité quant à la présence de la Force Barkhane dans la région. Ce sommet de Pau à l’allure de demande d’explication en ajoute à la polémique sur les desseins de la France dans la région.

Polémique sur fond de ressentiment, pour ne pas dire de colère des patriotes, nationalistes et autres souverainistes africains qui reprochent à l’ancienne métropole ses relents néo-colonialistes.

La visite d’Emmanuel Macron en Côte d’Ivoire, puis au Niger où il s’inclinera sur les tombes des 71 soldats nigériens tués le 10 décembre à Inates dans une attaque revendiquée par l’Etat islamique au Grand-Sahara, est comme une séance de rattrapage de sa bévue diplomatique consécutive à la convocation cavalière des présidents du G5 Sahel au sommet de Pau.

Il est vrai que l’envoyé spécial de l’Hexagone au Sahel, l’ambassadeur Christophe Bigot, s’est déjà essayé dans ce rattrapage diplomatique par ses visites à Bamako, à Ouagadougou et à Niamey, mais les observateurs seront attentifs au discours d’Emmanuel Macron à Abidjan, à Bouaké et à Niamey.

C’est dire qu’à côté du tralala habituel sur les relations bilatérales entre la France et les pays visités, on prêtera attention à ses déclarations sur la coopération militaire et la lutte contre le terrorisme : quelles mesures la France entend-elle prendre, par exemple, pour plus d’efficacité de la Force Barkhane et surtout assurer aux populations du Sahélistan que la France n’a pas d’agenda caché dans la région comme on l’entend si souvent dire ces derniers temps dans plusieurs milieux ? Pour un réveillon dans une ambiance aux accents graves, c’en est vraiment un.



actuniger

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