Algérie: les promesses du nouveau président et les attentes de la rue



Le président élu le 12 décembre dernier, Abdelmadjid Tebboune, a prêté serment ce jeudi 19 décembre à Alger. Dans son discours, il a voulu tendre la main aux Algériens, et à ceux qui manifestent, tout en annonçant une série de réformes. Des promesses de changement pour convaincre des habitants qui continuent de contester.

Abdelmadjid Tebboune a promis « un toit » pour tous les Algériens, des exonérations d’impôt pour les femmes au foyer et les entreprises qui créent de l’emploi, du soutien pour les journalistes, de nouveaux hôpitaux et la fin des problèmes aux urgences, ou encore l’allègement des programmes scolaires. L’objectif clair de ces promesses : toucher tous les Algériens et dire que les revendications prononcées ont été entendues.

Autre personnalité importante de cette cérémonie d’investiture, Ahmed Gaïd Salah. Le chef d’état-major a reçu une médaille pour son rôle dans la gestion de la crise. Il a longuement été remercié par le chef de l’État par intérim ainsi que par le nouveau président.

Dans l’après-midi, le Premier ministre a déposé sa démission, le ministre des Affaires étrangères a été désigné pour le remplacer et le président a demandé au gouvernement en place d’assurer l’intérim.

Le défi pour Abdelmadjid Tebboune, dont l’élection est largement contestée, sera de concrétiser toutes ses promesses de changement. Or ceux qui manifestent chaque vendredi estiment qu’il est un pur produit du système dont ils demandent le changement.

Une « main tendue »

Le nouveau président a d’ailleurs renouvelé son engagement de tendre la main « à tout le monde » pour mettre en œuvre les revendications du Hirak, « dans le cadre d’un consensus national ». Un message entendu par certains Algériens. Habitant d’Oran, Smaïn a fait partie du mouvement, mais s’en est retiré à l’approche de la présidentielle. Il voit dans l’arrivée d’Abdelmadjid Tebboune une opportunité pour l’avenir de l’Algérie.

« C’est un renouveau pour le pays et c’est une main tendue pour ce mouvement populaire qui demande une nouvelle république, assure-t-il. Il y a beaucoup d’espoirs sur ce nouveau président et c’est ce mandat qui va décider s’il y a une nouvelle république ou non. Je pense que la contestation va continuer jusqu’à ce qu’ils voient vraiment ce changement. »

Mais pour le militant politique Yassine Aissiouane, ancien député du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), le discours du nouveau président ne change rien. La mobilisation doit continuer pour un changement du système.

« Il n’y a pas eu d’élection, martèle Yassine Aissouane. Il y a eu une fraude électorale massive qui a porté sur la désignation d’un chef de l’État soumis aux militaires en place. Nous sommes face à une dictature militaire et le peuple est toujours mobilisé pour aller vers une transition démocratique. Le discours ne nous intéresse pas. Ce qui nous intéresse, c’est la révolution en cours. »

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rfi

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