Brexit : les députés britanniques approuvent le projet de loi de retrait



Le Brexit est de nouveau sur les rails au Parlement de Westminster. Avant de se séparer pour la trêve de Noël, les députés ont sans surprise voté à une très forte majorité vendredi, par 358 voix contre 234 soit un écart de 124 voix, le projet de loi de retrait traduisant en droit britannique l’accord de divorce conclu en novembre par Boris Johnson avec Bruxelles. « All I want for Christmas is not EU », a pu lancer le député « tory » hard Brexiter Mark Francois, en détournant le titre de la célèbre chanson de Mariah Carey.

Encore auréolé de sa 
large victoire aux législatives anticipées de la mi-décembre

, qui lui ont donné une majorité de 80 sièges pour gouverner, le Premier ministre tient ainsi sa promesse de réenclencher avant Noël un processus parlementaire qui avait déraillé fin octobre.
Les députés avaient alors approuvé par 30 voix d’écart le projet de loi de retrait

dans son principe… avant de rejeter quelques minutes plus tard la motion qui aurait limité à la fin du mois leurs débats pour l’amender. Un vrai revers pour Boris Johnson, qui voyait ainsi s’envoler toute chance de sortir de l’UE au 31 octobre, comme il s’y était pourtant engagé.

Vieilles étiquettes

L’ambiance était tout autre, vendredi, à la Chambre des Communes. Moins électrique. Plus détendue. Boris Johnson a même eu un fou rire en s’exprimant depuis la tribune. « C’est, alors que nous quittons l’Union européenne, le moment de réunifier notre pays. (…) Ce projet de loi ne doit pas être vu comme la victoire d’un parti sur un autre, ou d’une chapelle sur une autre. Il est temps d’aller de l’avant et de se débarrasser des vielles étiquettes de Leave ou Remain », a-t-il dit aux députés.

Avec l’élection législative qui vient tout juste d’avoir lieu, le projet de loi de retrait devait de nouveau être approuvé dans son principe par les députés. Il doit encore être amendé puis voté dans sa version finale à la reprise des travaux de la Chambre des Communes, prévue le 7 janvier. 

Une étape qui ne devrait pas donner lieu à la guérilla parlementaire que le Premier ministre redoutait avant des élections qui ont pour lui tout changé. Le texte devra ensuite être adopté dans les mêmes termes par la Chambre des Lords, ce qui devrait être fait dans les temps pour permettre un Brexit à la fin janvier.

« Alignement dynamique »

La
suite de l’histoire

, à savoir la 
négociation d’ici la fin 2020

d’un accord avec Bruxelles fixant le cadre de la relation future entre les deux blocs, s’annonce en revanche plus piégeuse pour le Premier ministre, y compris à la Chambre des Communes. 

« Certains, dans les négociations à venir, diront que pour avoir accès au marché unique européen, le Royaume-Uni doit accepter un réalignement dynamique » de ses règles avec celles de l’UE, a expliqué l’ex-ministre du Commerce international, Liam Fox. « En clair, cela reviendrait à changer nos règles avec l’UE. Le Premier ministre doit savoir qu’il aura à 100% le soutien du parti s’il exclut un tel alignement dynamique, qui empêcherait le pays de reprendre le contrôle  » lui a-t-il lancé. Boris Johnson a acquiescé de la tête. Mais le voilà prévenu : s’il lâchait trop de lest sur ce point pour arracher un accord commercial à l’UE, sa majorité pourrait bien se cabrer.



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