Afrique: Énergie – Le continent a besoin du nucléaire pour s’éclairer et s’industrialiser


Face à l’offensive russe et chinoise pour équiper le continent en centrales nucléaires, la riposte de l’Europe tarde à venir. Claude Fischer-Herzog, directrice de la société d’études et de formation sur les entretiens européens et eurafricains basée à Paris, en France, présente les avantages du nucléaire en Afrique et les forces en présence.

Hormis l’Afrique du Sud, aucun pays africain n’a pour l’instant de centrale en activité. Pourtant, c’est tout le continent qui en a besoin. Pour s’éclairer, s’industrialiser et réduire les gaz à effet de serre, l’Afrique a besoin du nucléaire civil. Le continent représente 3% du produit intérieur brut mondial et sera peuplé d’ici à 2050 de 2,4 milliards d’habitants. Ses besoins énergétiques actuels ont été estimés par la Banque africaine de développement à cent xoixante gigawatts (deux fois plus que ce que le continent produit).

Selon des chiffres de la Banque mondiale, la production de quarante-huit pays d’Afrique subsaharienne équivaut à celle d’un seul pays : l’Espagne. Seuls cinq pays ont un taux d’électrification atteignant les 100% (Algérie, Égypte, Libye, Maroc et Tunisie). Ensuite l’Afrique du Sud (85,4%), le Ghana (64%), le Sénégal (56,5%), la Côte d’Ivoire (55,8%), le Nigeria (55,6%) et, derrière, le Burkina Faso (20%), le Niger (16%), la Centrafrique (14%) et le Tchad (9%).

D’après l’Agence internationale de l’énergie atomique, un tiers des trente pays dans le monde qui envisagent d’adopter le nucléaire dans leur production d’électricité sont africains. En plus de l’Afrique du Sud, au moins cinq autres pays africains devraient s’équiper à l’horizon 2025. On chiffre la construction d’une centrale nucléaire en Afrique à neuf milliards d’euros. Une somme qui n’est pas à la portée de tous les États de ce continent. D’où la nécessité de nouer et de multiplier les partenariats (expertise, études de faisabilité, financement du projet).

La plupart des experts rejettent la dangerosité du nucléaire par rapport aux accidents de la route. C’est donc plutôt une opportunité pour susciter une stabilité politique en Afrique. C’est d’autant envisageable que trente quatre pays africains produisent de l’uranium.



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