Burkina Faso : Des officiers de police se liguent contre une « injustice » dans le corps


« C’est un mouvement d’humeur des officiers de police non reversés. Avec l’actuelle loi, la loi 027(c’est la loi 045 qui a été relue pour donner la loi 027), les officiers ont été brimés. Il n’y a pas d’avancement ; la carrière est bloquée, alors qu’ils font partie de la chaîne de commandement. Comment peut-on réussir à un concours, et à sa sortie, voir que celui qui n’a pas eu ce concours touche mieux que vous. Il avance et toi, tu es bloqué. C’est la situation que nous vivons aujourd’hui à la Police nationale  », s’est confié un des officiers, rencontré sur les lieux de la manifestation. Ce dernier, qui a requis l’anonymat, ajoute que plusieurs démarches ont été effectuées envers l’autorité, mais sans succès.

« Nous sentons réellement une mauvaise volonté de l’autorité, notamment du ministre de la sécurité. Si les officiers de police sont-là sans carrière, alors que ce sont des gens qui travaillent 24 h sur 24, tout passe par les officiers que nous sommes, nous pensons réellement que cela n’est pas normal. Nous avons des constitutionnalistes, des experts en droit administratif dans ce pays, alors pourquoi le problème ne peut-il pas être résolu ? C’est ce que nous ne comprenons pas. Ce matin, nous avons décidé de prendre en otage le ministère de la sécurité ; non pas pour faire la violence, mais pour affirmer notre mécontentement. Nous voulons que les officiers de police soient reversés, que chacun soit dans ses droits », justifie l’interlocuteur.

Le fond de la crise …

Les manifestants pointent une « mauvaise foi » des autorités qui, selon eux, n’ignorent nullement l’existence du problème ; donc du dossier. Selon les explications, l’« injustice » entre officiers est créée par les textes. « Ceux qui sont sortis en 2018 ont plus d’indices que nous (anciens, ndlr). Ce qui n’est pas normal. Ce qui veut dire qu’ils touchent mieux que nous. Ceux qui sont sortis en 2017, et les années antérieures (jusqu’en 2011) sont brimés. Je pense que la situation pourrait être résolue. Ce sont des gens qui ont écrit les textes, il n’y a pas de raison de dire que la loi est ceci ou cela. Nous avons des constitutionnalistes et des experts en droit administratif, pourquoi le problème n’est pas posé réellement ? A quelque part, c’est la mauvaise volonté de l’autorité », a déclaré l’officier de police, qui apprend en outre que le mouvement est une première étape ; d’autres actions sont en vue, si rien n’est fait.

B. P et N. K (stagiaire)

Lefaso.net





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