Allemagne : l’emploi au plus haut depuis la Réunification



Contre vents et marées, l’emploi a atteint un niveau record en Allemagne en 2019. Avec 45,3 millions de personnes au travail, « le nombre de personnes actives est le plus élevé depuis la réunification de l’Allemagne en 1991 », a annoncé l’Office statistique fédéral, Destatis, jeudi. La progression est de 0,9 % depuis un an, poursuivant la croissance continue de l’emploi enregistrée depuis quatorze ans, soit la durée du règne de la chancelière Angela Merkel.

L’emploi a surtout été porté par les services, notamment avec la progression des soins à la personne liée au 
vieillissement démographique en Allemagne

. L’industrie, pourtant malmenée par la 
crise du secteur automobile

et le 
coup de fatigue du secteur chimique,

ne se porte pas si mal : 59.000 postes ont été créés dans l’industrie en 2019.

Coup de mou en fin d’année

Malgré cette bonne santé, l’Allemagne accuse un coup de mou en fin d’année. Vendredi, l’agence nationale de l’emploi, la Bundesagentur für Arbeit, tempérait l’enthousiasme en relevant que le chômage avait progressé en décembre de 0,1 % par rapport à 2018, avec 4,9 % de la population active allemande sans emploi. Même si « le marché du travail est resté largement stable à la fin de l’année, » a fait remarquer Detlef Scheele, président du directoire de l’Agence de l’emploi, « les traces de la faiblesse économique sont visibles ».

Audi

, BMW et Daimler… Les annonces de suppressions d’emplois se sont succédé ces derniers mois outre-Rhin dans le secteur automobile. Sur l’année, quelque 50.000 suppressions ont été annoncées par les constructeurs, évalue le directeur de l’Institut CAR de l’Université de Duisburg-Essen, Ferdinand Dudenhöffer. La réduction de voilure liée au passage aux voitures électriques passe toutefois surtout par le non-remplacement des départs à la retraite et le redéploiement des emplois.

Un signal d’alarme clair que les carnets de commandes se vident.

Dans la plupart des cas, elle s’étale aussi sur plusieurs années. A plus court terme, des entreprises du secteur chimique comme 
BASF

ont encore amorti le choc par un passage négocié au temps partiel. La manoeuvre est « un signal d’alarme clair que les carnets de commandes se vident », constate Thore Schlaak, de l’Institut d’étude économique de Berlin, le DIW.

Demande de main-d’oeuvre qualifiée

Pour autant, l’expert du marché du travail reste optimiste. « Nous ne nous attendons pas à ce que le ralentissement actuel se transforme en récession profonde avec des conséquences notables sur le marché du travail », indique-t-il aux « Echos ». Il table même sur la création de 150.000 nouveaux emplois en 2020.

Après de longues années à soutenir la remise au travail des chômeurs de longue durée, le défi de la coalition d’Angela Merkel est désormais davantage de répondre à la demande de personnel qualifié dans les entreprises,
a averti récemment la fédération nationale des PME

.



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