Au Royaume-Uni, le salaire minimum va connaître un grand coup de fouet



Le “salaire décent”, réservé aux plus de 25 ans, s’apprête à bénéficier d’une hausse quatre fois plus importante que le taux d’inflation : il atteindra 8,72 livres sterling de l’heure. Boris Johnson cherche d’ores et déjà à séduire ses nouveaux électeurs des classes populaires, note la presse.

Début avril, “deux cinquièmes des travailleurs britanniques vont connaître une augmentation de salaire”, s’enthousiasme The Daily Telegraph. “C’est sans précédent.” À cette date, informe le quotidien conservateur, le salaire minimum, en place depuis 1999 et devenu living wage (“salaire décent”) en 2016 pour les plus de 25 ans, va augmenter de 6,2 %, soit quatre fois le niveau de l’inflation. Comme l’explique The Daily Telegraph“lorsqu’on donne un coup de pouce au salaire minimum, les entreprises se sentent obligées d’augmenter les salaires juste au-dessus, ce qui signifie que 35% de l’ensemble de la main d’œuvre du pays va connaître une revalorisation à partir avril”. Cette annonce s’inscrit dans un contexte propice à la hausse des rémunérations, selon le journal, qui précise que, “dans l’ensemble, les salaires se sont appréciés de 3 % au cours de l’année écoulée, [ce qui représente la] plus forte hausse depuis la crise financière [de 2008]”.

Concrètement, au Royaume-Uni, l’équivalent du Smic est divisé en plusieurs catégories. La tranche living wage va donc augmenter de 51 pence pour passer à 8,72 livres l’heure (10,26 euros), tandis que les 21-24 ans toucheront 8,2 livres (+6,5 %) ; et les 18-20 ans, 6,45 livres (+4,9 %). Selon The Guardian, “Boris Johnson cherche à courtiser les salariés les moins biens payés, dans le sillage de sa large victoire aux élections législatives” du 12 décembre. 
D’ici à 2024, le gouvernement entend porter le living wage à 10,5 livres (12,35 euros), soit à hauteur des deux tiers du salaire médian britannique, et d’abaisser l’âge plancher à 21 ans. “Les conservateurs ont été critiqués en décembre pour avoir ajouté une condition à cette promesse de campagne, tempère le journal classé à gauche. Désormais, cette hausse se fera seulement si ‘les conditions économiques sont favorables’. D’autant que, poursuit le quotidien, “les conservateurs ont d’ores et déjà brisé leur promesse, formulée en 2015, de faire parvenir le salaire minimum à 9 livres de l’heure avant 2020”.





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