Autriche : le climat au centre de la nouvelle coalition entre la droite et les écologistes



Virage à gauche pour Sebastian Kurz ? Les conservateurs autrichiens (ÖVP) ont en tout cas trouvé mercredi un 
accord de coalition gouvernementale avec les écologistes.

Ce tandem inédit permettra au chef de file conservateur de 33 ans de récupérer son poste de chancelier,
près de trois mois après les élections législatives anticipées remportées par son parti.

L’Autriche devient également le troisième pays de l’Union européenne, avec la Suède et la Finlande, où les écologistes composent le gouvernement, sur fond d’inquiétude grandissante sur la question climatique.

Le parti d’extrême droite FPÖ, allié des conservateurs depuis deux ans, était hors course après des élections ratées. 
Le parti a été discrédité par « le scandale de l’Ibizagate »

dans lequel le leader du FPÖ et vice-chancelier, Heinz-Christian Strache, s’était montré prêt à faciliter l’accès aux marchés publics autrichiens en échange d’argent et d’influence russe.

« Nous avons trouvé un accord. Nous avons réussi à réunir le meilleur des deux mondes », a assuré Sebastian Kurz au côté de Werner Kogler, 58 ans, chef de file des écologistes qui occupera le poste de vice-chancelier.

Quatre portefeuilles aux Verts

Sur les quinze portefeuilles du gouvernement, dix ministres seront issus du parti conservateur, majoritaire au Parlement, et quatre des rangs écologistes qui y entrent pour la première fois, a annoncé jeudi Sebastian Kurz. Une représentation qui reflète leur score lors des élections législatives. Les écologistes s’étaient alors classés quatrièmes avec 13,9 % des voix tandis que l’ÖVP avait remporté un très large succès avec 37,5 % des suffrages.

« La répartition des postes correspond aux priorités de chaque parti », a souligné le futur chancelier. Sa formation aura notamment la main sur les portefeuilles régaliens de l’Intérieur (et donc le contrôle de l’immigration), de la Défense, des Affaires étrangères et des Finances. Les quatre ministres Verts seront en charge de l’Environnement (qui pourrait inclure les Transports, l’Energie et la Recherche), de la Justice, des Affaires sociales, de la Culture et du Sport.

Neutralité carbone d’ici à 2040

Cette alliance de gouvernement « new look » a un dénominateur commun : être « pionnière dans la protection du climat ». Elle s’est fixé un objectif de neutralité carbone au plus tard en 2040 (contre 2050 au niveau européen) qu’elle a inscrit dans le pacte de coalition présenté jeudi. « Nous sommes la première génération qui subit les conséquences du changement climatique et la dernière qui peut encore inverser la tendance », stipule le préambule du programme de gouvernement.

Outre la neutralité carbone, le document liste d’ambitieuses mesures pour protéger l’environnement, allant du passage à 100 % d’énergie renouvelable d’ici à dix ans à un plan d’investissement pour les transports en commun. « Nous avons atteint une entente plus large que nous le pensions en matière de protection du climat », a assuré Werner Kogler. Il est « possible de protéger le climat et les frontières », a affirmé Sebastian Kurz pour rassurer son électorat sur la question de l’immigration.

Quelle fiscalité écologique ?

Sur le plan budgétaire, les écologistes réclamaient des mesures environnementales et ont affirmé vouloir accroître le coût des produits nuisibles pour l’environnement. « Il est possible d’alléger le fardeau fiscal et de rendre plus écologique le système d’imposition », leur a répondu Sebastian Kurz. Une incertitude demeure sur la nature du compromis trouvé en matière de fiscalité écologique : les Verts et Sebastian Kurz étaient en désaccord sur l’instauration d’une taxe carbone dans les transports alors que l’Autriche est l’un des plus mauvais élèves de l’Union européenne pour les émissions de gaz à effet de serre.



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