Afrique de l’Ouest: Mise en circulation de l’Eco – Les principaux obstacles à surmonter


Le président français, Emmanuel Macron, et son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, ont annoncé, le 21 décembre dernier à Abidjan, le remplacement du Franc CFA par l’Eco, la nouvelle monnaie de la zone monétaire CEDEAO. Mais de la décision créant cette nouvelle monnaie le 29 juin 2019 à Abidjan, à sa mise en circulation effective, des études économiques doivent être conduites, des dispositions techniques prises et un certain nombre des problèmes à aplanir pour permettre un fonctionnement efficace de cette nouvelle zone monétaire, selon les économistes, spécialistes d’économie monétaire.

Pour eux, même si la fixité de parité de l’Euro par rapport au franc CFA est maintenue et transférée à l’Eco, « Il va falloir déterminer le taux de parité entre les deux monnaies, négocier des accords de coopérations avec l’Europe via la France, après avoir déterminé, bien entendu, la valeur de l’Eco lui-même, adopter un mode de gestion commune des réserves extérieures et de répartition des revenus de seigneuriage. »

De même, les dispositions techniques restent à être prises. Il s’agit entre autres de « L’Emission de l’Eco, les présentations faciales de billets, les dimensions et types de billets et pièces de monnaie, la prévention contre les éventuelles attaques spéculatives contre la nouvelle monnaie dans la période transitoire, les explications et sensibilisations des populations sur la nouvelle monnaie etc. ».

En ce qui concerne les problèmes, les économistes sont formels qu’ils restent entiers. Il s’agit de « L’Etablissement de la crédibilité de la nouvelle monnaie, l’intériorisation par les populations ouest-africaines, la difficulté d’adaptation et de la familiarisation avec l’Eco de la part de ces populations dont une large proportion est illettrée, les difficultés dans le processus de conversion du franc CFA et des différentes monnaies des autres pays de la CEDEAO, membres de la ZMAO et non-membres de l’UEMOA, en Eco, la répartition et l’attribution des différents postes de responsabilité, dans les nouvelles institutions de la zone , entre les pays membres (souvent sujettes à d’interminables discussions) ».

Déjà, des différences d’approches apparaissent entre pays partisans du régime de change fixe (ceux de l’ex-UEMOA) et ceux favorables au taux de change flexible (le Ghana, par exemple).

Tout ceci laisse présager des délais éventuels dans la mise en circulation effective de l’Eco, prévue pour 2020, même si l’Institution Monétaire et d’autres services techniques travaillent, depuis quelques années, à la réalisation de la zone monétaire CEDEAO. La mise effective en circulation de l’ECO, cette année, n’est pas tout à fait évidente. En tout état de cause, les dirigeants des différents pays concernés doivent mettre les bouchées doubles pour voir cette nouvelle monnaie sur le marché avant la fin de cette année.



actuniger

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